Hichem ABOUD

Décès de la mère du directeur de Jaridati-Mon journal

Les hommes changent mais le régime est toujours le même. Le 12 juin 1998, Hichem ABOUD, directeur de Jaridati-Mon journal, perdait son père alors qu'il était en exil forcé faisant l'objet d'un harcèlement judiciaire pour délit d'opinion. Toute la ville d'Oum-El-Bouaghi,  avait accompagné la dépouille du regretté Chaabane Aboud, sauf son fils unique. L'homme qui était parmi les organisateurs les plus en vue des manifestations du 8 mai 1945 et qui avait adhéré au mouvement national algérien depuis sa tendre enfance, alors qu'il avait à peine 14 ans, est mort alors que son fils se trouvait exilé sur la terre de l'ancienne puissance coloniale. Il était poussé à l'exil par de pseudos moudjahidine qui prétendaient avoir combattu le colonialisme français pour que les Algériens recouvrent leur dignité et leur liberté. Une dignité et une liberté que les premiers à avoir bafouées, réprimées et violées sont ceux-là même qui prétendaient avoir contribué à leur reconquête. 

Des milliers d'enfants de moudjahidine authentiques et de chouhadas dont certains étaient parmi les plus illustres des maquisards vivent, aujourd'hui, sous le ciel de l'ex-colonisateur pour jouir de la liberté et de la dignité pour laquelle ont combattu leurs parents mais qui leur fut confisquées dès l'indépendance acquise.

Le jeudi 10 septembre 2015, soit 17 ans après la disparition de son père, Hichem Aboud accuse une nouvelle fois le coup et se voit priver du dernier baiser à déposer sur le front de a mère qui quitta ce monde en emportant avec elle la douleur de ne pas avoir vécu son fils unique et sans l'avoir serré dans ses bras pour une dernière fois.

En 1998, c'était le général Zeroual qui était à la tête du régime dictatorial algérien. En 2015, c'est Bouteflika, un président lourdement handicapé qui a légué le pouvoir à son frère cadet Saïd, pour maintenir le despotisme comme seul système de gouvernance en Algérie. C'est dire que les hommes changent mais le régime reste. Un régime tyrannique qui a réduit la Grande Algérie à un Etat sans signification. Un Etat devenu la risée du monde parce que ceux qui le gouvernent sont des nains incapables de convaincre le peuple pour se maintenir au pouvoir, ils usent de tous les ingrédients de la tyrannie. Du harcèlement policier et judiciaire à l'assassinat en passant par la déportation, l'emprisonnement et l'exécution extrajudiciaire. 

Pauvre Algérie! A quand le réveil de tes enfants? A quand la naissance d'une génération digne de celle des Ben Mehidi, Ben Boulaïd, Amirouche, Lotfi et leurs compagnons?

Quant à Hichem Aboud, il trouve sa consolation dans ce qui lui arrive sur le plan personnel, dans le sacrifice consenti par les martyrs de la libération qui ont été pleurés par leurs mères, leurs épouses et leurs enfants alors qu'ils leurs étaient ravis à la fleur de l'âge.













Vos commentaires

Chihab a dit il y a moins d'une minute
Lounakel est un gogo... Serviteur de syadoy
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