La face cachée de Mohamed Raouraoua FAF

La face cachée de Mohamed Raouraoua

A la demande de nombreux lecteurs, nous republions l'enquête en 3 parties qu'avez publié Mon journal les 8,9 et 10 mars 2013 sur la gestion du football algérien par le président de la fédération, Mohamed Raouraoua.
Rappelons, que malgré notre insistance pour qu'il use de son droit de réponse, le concerné s'est muré dans un silence de mort. Seuls quelques journaleux de la presse stipendiée ont cherché à le défendre à travers une émission télévisée diffusée par la chaîne tunisienne NESSMA TV. Une véritable honte pour la presse algérienne.

Pour la réalisation de cette enquête, nous avons adressé un courrier avec accusé de réception à Monsieur Raouraoua afin de nous livrer sa version ou du moins apporter les éventuelles corrections concernant les informations relatives à son parcours professionnel, sa fortune et sa gestion des affaires du football algérien. Jusqu’à l’écriture de ces lignes, nous n’avons reçu aucune réponse à notre correspondance. Cela ne nous empêche pas de lui laisser les colonnes de notre journal ouvertes pour tout rectificatif ou mise au point ou autre éclairage sur cette personnalité publique.

NB:A court d'arguments Mohmaed Raouraoua a décliné toutes les invitations des média étrangers qui l'ont invité à répondre à cette enquête. L'invitation de la chaîne de télévision France 24 lui a été faite publiquement. Mais quand il a une réponse, il n'hésite pas à s'exprimer comme cela était le cas avec Moh Cherif Hannachi, le président de la JSK. Quand ce dernier lui avait rappelé son passé de placeur dans les salles de cinéma, Raouraoua réplique en révélant les ressources de  la JSK


1ère partie

un parcours atypique et une fortune aux origines douteuses

Une enquête de Hichem ABOUD

Il est « l’homme fort » du football algérien. Il est si puissant que personne n’ose se mesurer à lui ne serait-ce que pour jouer le rôle de lièvre à l’élection de la présidence de la plus importante fédération sportive. Jeudi, devant un parterre  qui lui était totalement acquis, il décrocha son troisième mandat à la tête de la Fédération Algérienne de Football par un vote à main levée et des applaudissements nourris. Un plébiscite. Président de la FAF, voilà un poste qu’il ne lâchera pas pour tout l’or du monde. Un poste où il est seul maître à bord. Il n’a de comptes à rendre à personne. Ni cour des comptes ni ministère de tutelle ni justice. La FAF est son royaume. Il en fait et y fait ce qu’il veut.  Il est beaucoup mieux que le Président de la République. Il est le « tout puissant » El Hadj Mohamed Raouraoua.
« Ana, kbiiiir… » (je suis très grand) répétait Mohamed Raouraoua à l’un de ses proches dans sa luxueuse villa de Moretti achetée pour une bouchée de pain (deux cents mille dinars soit vingt millions de centimes) rasée et reconstruite en six mois par les Chinois qui ont réalisé l’hôtel Sheraton à Staouéli.
Il se voit grand parce qu’il a « envoyé le président dormir tranquillement en faisant sortir dans la rue 35 millions d’Algériens fêter la qualification de l’EN au mondial 2010» susurre-t-il à qui voulait l’entendre s’expliquer sur cette puissance qu’il manifeste avec dédain à la face de quiconque voudrait lui apporter la moindre contradiction ou lui contester le moindre bout du pouvoir qu’il s’est arrogé dans le monde du football. Il ne manque pas de s’approprier le retour à la paix civile et réduire les réalisations du président Bouteflika à une qualification à la phase finale de la coupe du monde de football sur laquelle l’un de ses sbires installé au Qatar jettera, tout récemment, le doute en insinuant que les matchs ont été combinés et que tout le mérite revient à Raouraoua qui a acheté les arbitres et les matchs de qualification.  Car dans la logique du président de la FAF tout se vend et tout s’achète.

Une fortune aux origines douteuses

Certaines facettes de sa personnalité rappellent quelque peu Moumen Rafik  Khalifa, ce jeune milliardaire qui a bâti sa fortune sur le bluff et la magouille tout en profitant de l’opacité du système de gouvernance du pays. A la différence de Khalifa qui a beaucoup fait dans le bling-bling, et en homme mûr et averti, Mohamed Raouraoua sait se faire discret. Il n’étale pas de signes de richesse malgré une fortune qui se compte à coups de centaines de milliards. La tour de Bab-Ezouar, à elle seule, est évaluée à plus de six cents milliards de centimes.
Sa fortune, Hadj Raouraoua, comme il aime se faire appeler  (il a fait le pèlerinage plus d’une dizaine de fois, paraît-il), il l’a construite durant les années du terrorisme. Les années 90’. Période propice pour beaucoup de gens qui ont flairé le bon coup en profitant de certaines opportunités qu’offrait la situation qui prévalait au pays. En bon opportuniste, et ce n’est pas péjoratif, l’actuel président de la FAF a su se faire des relations tous azimuts pour se faire d’abord une place dans la périphérie du pouvoir politique, au milieu des années quatre-vingts, une période qui a vu la médiocrité s’ériger en système.
C’est ainsi qu’un chauffeur s’est retrouvé conseiller à la présidence de la république et un bagagiste devenu ambassadeur. C’est dans la logique des choses qu’un placeur dans les salles de cinéma se  trouve propulsé à la tête de la télévision publique, la chaîne unique. En quelque sorte, Mohamed Raouraoua est passé du grand écran au petit écran après avoir fait escale dans une direction du ministère de la Culture qui avait sous sa coupe les salles de cinéma. Un parcours dont le moins qu’on puisse dire est ce qu’il y a de plus simple.
D’ailleurs, Mohamed Raouraoua ne quittera pas le domaine de l’information et de la culture en se voyant nommer PDG de l’ANEP, une entreprise étatique sous tutelle du ministère de ce même département. Le placeur du cinéma Dounyazed et de la salle Le Mouggar a le vertige. Il ne s’imaginait pas monter si haut, lui qui ne possède ni bagages intellectuels ni une grande compétence.
Pour se frayer son chemin dans la haute société il investit dans le relationnel. C’est son fort. Se servir et se faire servir. Il sait se montrer courtois, aimable et sympathique quand il le faut et avec qui il le faut. Tout comme il sait être arrogant, hautain et méprisant allant jusqu’à couvrir d’injures son interlocuteur qui ne pèse pas lourd sur l’échiquier social.
Certes, on peut se faire des relations pour se hisser à des postes de responsabilités dans l’administration. Mais, se constituer une fortune tout en étant fonctionnaire de l’Etat cela ne peut se faire sans outrepasser certaines règles et sans enfreindre certaines lois. Sinon, comment expliquer la fortune que s’est constituée Mohamed Raouraoua ? Ceux qui le connaissent et qui connaissent son parcours concerne sa colossale fortune en disent des choses. Nous n’oserons pas les reprendre à notre compte nous préférons les ajourner en attendant leur confirmation. Cette enquête n’a pas pour but de jeter l’opprobre sur le président de la FAF mais juste de révéler sa véritable personnalité tant il est un homme public qui occupe des fonctions qui exigent de lui une probité morale irréprochable, même si ce n’est pas le cas de tous les responsables algériens à quelque niveau soient-ils.
Quand le terrorisme favorise les affaires
Selon des sources proches d’El-Hadj Raouraoua, sa fortune a pris naissance avec la fabrication de l’améliorant de la farine alors qu’il était PDG de l’ANEP. Durant la même période il achète au prix fort un terrain de 300 m2 à Hydra (pas loin de l’Ecole Nationale d’Administration) sur lequel  il construit une villa qu’il louera plus tard à l’ambassade d’Arabie Saoudite avant de la louer à la banque NATEXUS. Certaines sources disent qu’il avait fini par vendre cette villa à cette banque qui loue, aussi, quelques bureaux à la tour de Bab-Ezzouar.
Une fois ses affaires lancées, il quitte l’ANEP pour se consacrer à elles et se libérer des contraintes de la fonction publique. On est au milieu des années quatre-vingt-dix. Le pays sombre dans la spirale terroriste. La mort rode partout. Des cadres, des intellectuels, de paisibles citoyens tombent quotidiennement. La seule préoccupation des gens est comment sauver sa tête et échapper à la faucheuse. Personne n’ose investir ou entreprendre quoique ce soit. De son côté, l’Etat consacre tous ses moyens à la lutte antiterroriste et ferme les yeux sur tout ce qui s’assimile à la fraude et à la corruption. Pratiquement il n’y avait plus d’Etat.
Il faut être vraiment futé pour penser à investir. Et des futés, il y en avait en Algérie. Parmi eux, Essi El-hadj Raouraoua. Il était, comme beaucoup d’autres, visionnaire. Il savait qu’un jour ou autre la paix reviendra et les affaires reprendront de plus belle. Il faut savoir les mettre sur rails tant que les autres sont paralysés par le phénomène du terrorisme. Comme beaucoup de « visionnaires » Hadj Raouraoua allait investir dans ce qui marchait le plus et qui était, à l’époque, très en vogue : l’import-export. Plutôt, l’import-import. Puisqu’il n’avait rien à exporter d’un pays ravagé par l’état de guerre qu’imposait l’hydre terroriste.

On l’appelait « Hadj farina »

Il commence à importer de la farine en profitant de la levée du monopole de l’Etat sur le commerce extérieur. Alors que l’ancienne entreprise étatique ERIAD le limitait dans l’achat des quantités de farine pour la fabrication de l’améliorant, avec sa société d’importation il peut acquérir tout ce dont il a besoin. Mieux encore, il ouvrira une boulangerie industrielle à Garidi (Kouba) sur les hauteurs d’Alger et vérifiera à son profit ce que signifie le dicton « ça se vend comme des petits pains ».
Au-dessus de la boulangerie il fait de l’appartement acquis un cabinet de cardiologie dont se servira sa fille. L’appartement en question a été acquis comme un logement social. Et selon les proches du président de la FAF, il a bénéficié de cinq appartements dans la wilaya d’Alger qu’il aurait vendues. Une information qui reste à vérifier. D’ailleurs nous regrettons le refus de Hadj Raouraoua de collaborer dans la réalisation de cette enquête. Il n’a pas jugé utile de donner suite à notre demande pourtant bien réceptionnée par sa secrétaire à la FAF qui a signé l’accusé de réception. Toutefois, les colonnes de « Mon journal » et de « Jaridati » lui restent ouvertes pour confirmer ou infirmer et corriger les informations recueillies auprès de personnes qui le connaissent que trop bien.
Cependant, la plus belle des affaires du patron de la FAF est incontestablement la tour de Bab-Ezzouar dont une bonne partie des locaux sont loués à l’opérateur de téléphonie « Nedjma », -sponsor de l’Equipe Nationale de Football- et à la banque NETAXUS dont il serait actionnaire selon certaines sources. Cette tour est construite sur un terrain que lui avait vendu Rachid Marif, le président d’honneur du Mouloudia d’Alger et actuel ambassadeur d’Algérie à Rome. Pressé de rembourser un crédit contracté auprès de la banque KHALIFA au moment de sa liquidation, M. Marif a vendu son terrain à Mohamed Raouraoua (il l’aurait inscrit au nom de l’un de ses fils). Pour la construction de la tour, il est fait appel à l’entreprise égyptienne ARAB CONTRACTORS qui avait bénéficié du marché de la réalisation du siège de la FAF financé par la FIFA. Le même entrepreneur égyptien bénéficiera, également, du marché de la réalisation de la partie annexe du centre technique des Equipes Nationales de Sidi Moussa.  Le suivi des travaux de ce centre est assuré par le fils d’El-Hadj Raouraoua même s’il n’a aucune qualification en bâtiment comme l’affirment nos sources.
Pour l’anecdote, Samir Zaher, le président de la Fédération Egyptienne de Football avec lequel Raouraoua était entré en conflit allant jusqu’à lui refuser de serrer la main est un des actionnaires d’ARAB CONTRACTORS et une grande amitié le lie à son homologue algérien. Une amitié teintée d’argent et d’affaires.
Des biens à l’étranger comment les a-t-il acquis ?
La fortune de Hadj Raouraoua n’a pas de frontières. Plusieurs sources concordent à dire qu’ils possèdent beaucoup de biens à l’étranger dont un hôtel à la Mecque, un autre à Marseille et deux appartements à Paris. Des informations que nous publions sous toute réserve en espérant un démenti du concerné. Un démenti que nous ne souhaiterons pas voir remis en cause par des documents que fourniraient ses contradicteurs pour prouver l’existence de ces biens.
Si l’acquisition d’une fortune en Algérie peut s’expliquer par le réseau de relations tissé par le président de la FAF et par l’absence de contrôle de l’Etat en période de terrorisme, il n’en est pas de même à l’étranger. Pour acquérir des biens il faut avoir les moyens financiers. Sachant que Mohamed Raouraoua n’a jamais exercé une quelconque activité susceptible de lui offrir les moyens nécessaires à l’investissement dans l’immobilier, il y a fort à parier que les rumeurs ayant circulé au sujet de sa nomination en qualité de commissaire de l’année de l’Algérie en France en 2005 ne sont pas dénuées de fondements.
A cette époque, Hadj Raouraoua n’occupait aucune fonction dans le secteur étatique. Il venait de rompre avec la fonction publique pour se consacrer à ses affaires privées. Sa présidence de la FAF n’a aucune relation avec le secteur étatique. Nommer un chef d’une entreprise privée pour gérer les deniers publics en devises dans une manifestation qui se tient à l’étranger et qui consomme un énorme budget ça ouvre toutes grandes les portes à toutes les spéculations et supputations. L’acquisition de biens à l’étranger par un homme qui est supposé n’avoir aucune activité lucrative en dehors des frontières nationales doit interpeller la justice si cela se confirme. Ceux qui ont désigné M. Raouraoua commissaire de l’année de l’Algérie en France doivent bien des explications à l’opinion publique.
Ce ne sont pas les cadres qui manquent au ministère de la culture pour faire appel à un patron issu du secteur  privé et dont les qualifications en matière de culture ne sont pas avérées et ne font pas de lui un personnage incontournable.
Et qu’en est-il du football ?
Comme nous venons de le voir, Hadj Raouraoua, même s’il n’est pas le bon capitaine d’industrie comme on en voit en Europe, il n’en demeure pas moins, qu’il a réussi à faire prospérer ses affaires et à se constituer une fortune colossale malgré le peu de disponibilité que lui laissent ses activités à la FAF, à la CAF, à l’UNAF et à la FIFA. Qu’en est-il de sa gestion du football et quelle a été sa contribution au développement du football algérien si développement y en a ?  C’est ce que nous verrons dans la 2ème partie de cette enquête que nous publierons dans notre édition de demain.


La face cachée de Mohamed Raouraoua (2ème partie)

Corruption et magouilles comme stratégie
 de développement du football algérien

Enfant, il était fan de l’USM Alger. Pour l’Algérois qu’il était, si ce n’est pas le Mouloudia et ses talentueux Aouadj, Saâdi, Loucif et Zerga, il ne peut être charmé que par les Meziani, Bernaoui et autre El-Okbi, au football académique et spectaculaire. Son attachement à l’équipe de Soustara l’amènera plus tard à intégrer le cercle des dirigeants. A défaut de porter les couleurs du club faute de talent, il le servira dans les coulisses. C’est par là que Mohamed Raouraoua entre dans le monde du football. Une entrée que certaines « mauvaises langues » disent qu’elle s’est faite par effraction.
Peu importe la manière avec laquelle il s’est invité dans le monde du football. L’essentiel pour lui, c’est qu’il s’en sert comme tremplin pour se retrouver, quelques années plus tard, au sommet de la pyramide. Depuis, que de chemin parcouru !
La première question qui vient à l’esprit est «comment s’est-il fait une place dans l’assemblée générale de la FAF afin de pouvoir postuler, ensuite, à sa présidence ?». Sa première apparition dans la plus haute instance dirigeante du football algérien s’est faite en 1986 de la manière la plus obscure et la plus insidieuse. Au lendemain de la catastrophique participation algérienne à la phase finale de la CAN qui s’était déroulée au Caire, Kamel Bouchama, alors ministre de la Jeunesse et des Sports, avait validé l’intrusion d’un énigmatique comité de soutien à l’EN au sein duquel se trouvait Mohamed Raouraoua, figure inconnue dans le monde du football en dehors de celui du cercle de l’USMA. «Personne ne lui prêta attention. Pas même les joueurs qui s’étonnaient de le voir rôder dans la résidence de l’équipe», nous avoue un ancien mondialiste.
L’épisode mexicain terminé et alors que le football algérien s’acheminait vers son premier sacre continental sous la conduite d’un staff technique 100% algérien et une équipe issue à 80% du cru, Raouraoua disparaît des écrans radar de la balle ronde. Il fallait attendre une bonne dizaine d’années pour le voir refaire surface. Et de quelle manière ? Il est candidat à la présidence de la FAF. Pas moins que ça. Comment s’est-il trouvé au devant-de la scène avec une facilité déconcertante alors que ce ne sont pas les hommes qui manquaient pour prétendre prendre en main les destinées du football algérien. Les Mekhloufi, Amara, Khalem ou Fergani, pour ne citer que ces noms, possédaient une meilleure connaissance du football et pouvaient apporter plus que lui. Le seul nom de Mekhloufi suffisait à imposer le respect dans les instances internationales sans avoir besoin d’user de fourberies ni de courbettes pour se faire entendre. Par son nom si prestigieux, il imposera l’Algérie là où il va. Or, Raouraoua qui était un illustre inconnu sur la scène internationale s’est servi de l’Algérie pour se faire connaître. Rachid Mekhloufi s’éclipse en refusant de s’abaisser à un niveau qui n’est pas le sien. Celui de la magouille et des coups bas.
Certes, on ne refait pas l’histoire, mais toujours est-il qu’il demeure légitime de s’interroger comment Mohamed Raouraoua s’est fait une place à l’Assemblée générale de la FAF pour se porter candidat et se faire élire à la tête de la plus haute instance du football algérien. Alors qu’il interdit aux plus illustres acteurs de la balle ronde de siéger à cette assemblée, il s’en est octroyé un fauteuil qu’il veut indéboulonnable. Pour y parvenir, il fait le vide autour de lui, s’entourant d’intrus qui n’ont à faire valoir que leur docilité au nouveau maître des lieux et à rivaliser en flagornerie en adoptant au mieux que possible l’applaventrisme, sport préféré des incompétents et des opportunistes. Cela s’est manifesté de manière criarde à la dernière AG élective qui s’est déroulée à l’hôtel Sheraton.
Rachid Mekhloufi, l’ancienne star de l’AS Saint-Etienne et de la glorieuse équipe combattante du FLN, Mahieddine Khalef, l’homme de Gijon, qui avait mis à genoux l’ogre allemand, et tant d’autres prestigieux noms de la balle ronde se sont vus éjectés et bannis de leur propre milieu investi par les maquignons (baggara, trabendistes, dealers et voyous de tout acabit qui ont instauré le système de la «ch’kara»et du «cabas», qui a fait du football algérien le dernier de la classe. Ce ne sont pas des mercenaires ne connaissant de l’Algérie que les hôtels, les vestiaires de stades et, surtout, les gros chèques libellés en Euros qui nous feraient prendre les vessies pour des lanternes.

Seul Yahia Guidoum l’avait remis à sa place

Une fois aux commandes de la FAF, Raouraoua affiche ses ambitions. Il veut faire de cette instance son royaume où il aura droit de vie et de mort sur tout ce qui touche au football algérien. Il commence par s’attaquer au premier, et seul, à ce jour, Algérien champion d’Europe et du monde des clubs, Rabah Madjer. Alors qu’il dirigeait de main de maître la sélection nationale, il le limoge au lendemain d’un match nul arraché à une équipe belge mondialiste dans son propre fief. Une semaine plus tard, cette même équipe belge ira battre le champion du monde en titre, la France, devant son public sur le sore de 2 buts à 1. Pour quelqu’un d’intelligent, on ne se sépare pas d’un entraîneur après pareille performance. Mais aveuglé par la haine de tout ce qui peut lui faire de l’ombre, Raouraoua ne pouvait retarder l’échéance d’autant que Madjer n’est pas l’homme qu’il faut pour lui permettre de mettre en pratique sa politique basée sur la magouille et la manipulation. Autre raison de limoger Madjer, c’est que l’ex-star de Porto FC n’est pas du genre à se faire marcher sur les pieds et, surtout, pas se faire chiffonner comme l’ont été d’autres sélectionneurs qui n’osaient pas lever les yeux devant un homme si arrogant et si hautain.
Le premier mandat se termine en queue de poisson malgré une bonne performance en coupe d’Afrique réalisée par la troupe de Saâdane, appelé à la rescousse pour palier le départ de l’entraîneur étranger qui a remplacé sans succès Rabah Madjer. Désireux de briguer un second mandat qui appellera certainement d’autres, Mohamed Raouraoua s’est vu stopper net dans son élan par Yahia Guidoum , alors ministre de la Jeunesse et des Sports. L’homme ne badine pas avec les principes. Il ne se soumet jamais aux influences externes et, encore moins, aux injonctions supposées venir des hautes sphères. Chirurgien émérite qui continue d’exercer sa profession, même en étant ministre, Yahia Guidoum n’entend pas se servir de son poste ministériel comme le font beaucoup d’autres de ses pairs. Bien au contraire, il en fait un instrument pour combattre la médiocrité et tous les fléaux nuisibles à la bonne marche du secteur qu’il est appelé à diriger. Tout le monde se souvient de ce fameux «rak moakkef» (tu es limogé) adressé à un chef d’établissement hospitalier devant les caméras de la télévision alors qu’il était ministre de la Santé. Cette même rigueur, Yahia Guidoum l’a adoptée au ministère de la Jeunesse et des Sports. Raouraoua en avait fait les frais.
En quittant la FAF, il minera le terrain à son successeur Hamid Heddadj. Il invite tous les sponsors de l’EN à déserter les lieux. Les caisses de la FAF seront vides tout au long du mandat de Heddadj, un homme inconnu dans le monde du football et qui ne pèse pas lourd. Ce n’est qu’au retour de Raouraoua que les caisses de la fédération seront renflouées avec le retour de sponsors, notamment Nedjma avec lequel Raouraoua entretient d’étroites relations dont celle de la location d’une partie de la tour de Bab-Ezzouar.
En manipulant à sa guise les sponsors, Raouraoua veut se montrer indispensable. Et pour échapper au contrôle des pouvoirs publics et montrer qu’il peut se passer de la subvention du ministère de la Jeunesse et des Sports, il brasse large chez différents sponsors. Un exercice pas aussi compliqué comme il le présente. Puisque les différents sponsors, à commencer par Nedjma, ce sont le nom de l’Algérie et celui de l’équipe qui la représente qui les intéressent. Avec ou sans Raouraoua, du sponsoring il y en aura toujours. Pour peu qu’il y ait un homme qui sache s’investir dans la tâche et non pas quelqu’un, genre Hamid Heddaj, tombé dans le monde du football on ne sait d’où.
1 million de dollars pour son élection à l’exécutif de la CAF
Pour mieux asseoir son emprise sur le football algérien et pour ne plus jamais perdre pied et durer le plus longtemps possible dans ce monde qui l’a propulsé vers les cimes, Mohamed Raouraoua va investir les instances internationales, l’une après l’autre. La Confédération Africaine de Football, l’Union Arabe de Football et la FIFA, où il siège en tant que représentant de la CAF. Ajoutons à ces trois instances, sa présidence de la FAF qu’il ne lâchera pas pour tout l’or du monde, et ses affaires privées, Hadj Raouraoua passera pour un superman s’il se donnait pleinement à toutes les tâches qu’il aura à mener. Mais, quand on se contente de voyager et juste assister à des réunions sans lendemain, cela s’apparente beaucoup plus à du tourisme tous frais payés qu’à l’accomplissement d’une mission noble.
Pour parvenir à ses fins, le président de la FAF ne lésine pas sur les moyens. Et comme la corruption et la magouille font partie, pour ne pas dire qu’ils font l’essentiel de sa stratégie dans toute action qu’il entreprend, et tant qu’il trouvera des mécènes pour satisfaire ses besoins, il n’y va pas avec le dos de la cuillère. C’est ainsi qu’il a profité des largesses et de la générosité du sponsor principal de l’EN, l’opérateur de téléphonie NEDJMA, pour dépenser pas moins d’un million de dollars destinés à graisser la patte aux électeurs. En plus du million de dollars distribué sous enveloppes, des centaines d’appareils téléphoniques portables de marque IPHONE, tout nouveau encore sur le marché, sont offerts généreusement aux votants. Aucun autre candidat n’avait réussi à mettre autant d’argent pour un poste qui servira beaucoup plus sa personne que le football algérien.
Quand Rachid Mekhloufi siègeait à la CAF, il n’avait pas dépensé un centime pour obtenir son poste. Et Dieu seul sait combien il était efficace pour son pays. Son nom suffisait largement à convaincre ses interlocuteurs pour placer en lui sa confiance. Il était crédible par son passé de sportif, son honnêteté et sa droiture. Il m’est arrivé de le voir négocier la venue de l’Olympique de Marseille pour donner la réplique à la sélection nationale au milieu des années 80’. Il avait au bout du fil Michel Hidalgo, un monument du football français. Mekhloufi avait réussi à faire venir l’équipe française pour la moitié du prix demandé. Il fallait le faire. Il n’y avait ni magouilles ni argent à donner sous table.

L’arbitre corrompu se retourne contre lui

La corruption est une pratique courante chez Mohamed Raouraoua, selon ses proches. C’est pour cette raison qu’il n’y a jamais eu de poursuites contre les auteurs en la matière dénoncés avec preuves dans les différents championnats d’Algérie, de la division inter-wilaya à la première division. La corruption des arbitres n’est que secret de polichinelle dans le championnat d’Algérie, que ce soit en 1ère ou 2ème division. La FAF n’a jamais bronché et ne s’est jamais autosaisie d’une seule des dizaines d’affaires rapportées par la presse nationale. Pour comprendre le silence de l’instance dirigeante du football algérien, nous rapportons cette anecdote que nous ont livrée des sources très proches du président de la FAF.
Lors d’un match comptant pour les éliminatoires de la coupe du monde (nous nous gardons de citer le match par respect aux joueurs et à l’entraîneur), Raouraoua avait offert 40.000 Dollars à l’arbitre, bien que le match se déroule à Blida, en Algérie. Au cours du jeu, et alors que la sélection menait par un but à zéro, les Algériens aggravent la marque. Une réalisation que refuse de valider le référée bien que le ballon avait franchi la ligne d’un mètre. Raouraoua venait de se rendre compte que l’arbitre n’a pas marché dans la combine bien qu’on lui avait graissé la patte. Les Égyptiens, en vieux rivaux, l’avaient déjà touché. Le président est hors de ses gonds. Il va pleurer, à chaudes larmes, derrière les bois du gardien de but. Soudain, il se ressaisit et appelle l’un de ses sbires en lui intimant l’ordre de se dépêcher à l’hôtel Sheraton pour récupérer l’argent de sa chambre.
Arrivé sur les lieux, l’homme de main demande à la réception la clé de la chambre de l’arbitre du match. Après quelques palabres, il se voit opposer un refus catégorique de la direction de l’hôtel. Peine perdue. Raouraoua décide, alors, de faire interpeller l’arbitre à l’aéroport par les douaniers qui l’arrêteront en flagrant délit de transfert illicite de devises. Mais, il se ravise vite sur conseils de quelques uns de ses collaborateurs. « S’il est arrêté, il révélera l’origine de l’argent et ça va nous éclabousser », lui disent-il. Tant pis ! Après tout, l’Algérie s’est qualifiée sans le coup de pouce de l’arbitre et l’honneur de Saâdane et de sa troupe est sauf.

Un agronome converti en expert du football

Si l’on venait à jeter un coup d’œil sur ses réalisations à la FAF durant ces quatre dernières années, contrairement à ces fourbes qui ont adopté son bilan moral sans réserve, on constatera que rien n’a été fait pour sortir le football algérien du marasme. Et comme pour contredire les larbins qui ont validé son bilan, Raouraoua reconnaît que le professionnalisme en Algérie, lancé sous sa conduite, est encore à des années lumière de ce qu’il doit être, que le championnat d’Algérie n’arrive pas à produire des joueurs pour l’EN, que la formation n’est pas ce qu’elle doit être. C’est lui-même qui dresse un bilan négatif. Somme toute, c’est le résultat de sa stratégie et de son bricolage basé sur le népotisme et le copinage.
Cette politique du copinage est flagrante dans le cas d’un jeune homme âgé d’à peine 25 ans diplômé en agronomie. Il est affublé du titre d’expert en football avec pour mission « l’observation et les statistiques ». Le salaire du jeune homme est de 1500 euros, en plus de la prise en charge totale au centre technique de Sidi Moussa et les billets d’avion pour rentrer chez lui en France. Le jeune homme est résident en France, et travaille comme coopérant en Algérie étant porteur d’un passeport français bien qu’il soit d’origine algérienne. C’est comme s’il n’y avait pas en Algérie quelqu’un qui pouvait tenir une caméra et filmer les entraînements de la sélection nationale et les visionner avec un logiciel qui donne les statistiques voulues.
Ce travail est rémunéré à 1500 euros. C’est-à-dire qu’il perçoit le même salaire que Noureddine Korichi, entraîneur national adjoint. Et si l’on venait à parler des salaires du personnel gravitant autour de l’EN et des disparités salariales existantes, il y a vraiment à boire et à manger. C’est ce que nous verrons dans la 3ème partie de cette enquête.

La face cachée de Mohamed Raouraoua (3ème partie)

Fric, influence et trafic de devises

Pour son 3ème mandat à la tête de la Fédération Algérienne de Football, quel programme propose Mohamed Raouraoua en dehors de l’objectif d’une qualification à la phase finale de la Coupe du monde de football 2014 ? Une qualification qui sera l’œuvre d’un entraîneur étranger, de joueurs nés et formés à l’étranger et, tout compte fait, la qualification ne sera guère le fruit d’une politique de développement comme le furent celles de 1982 et de 1986. Et la question qui continuera de revenir en boucle chez tous ceux qui connaissent Raouraoua est de savoir si ce dernier persistera-t-il dans sa politique chaotique qui a plongé le football algérien dans un abîme d’où il lui sera difficile d’en sortir à moins qu’une révolution vienne tout bousculer. Et ce n’est pas l’actuel locataire de Dely Brahim qui la fera cette révolution.
Ayant instauré le professionnalisme à la va-vite sous peine de se voir sanctionné par la FIFA, comme il le prétend, Mohamed Raouraoua a fait du football algérien le champ par excellence de toutes les malversations où la politique de la «chkara» et du cabas a plongé le football algérien dans les bas-fonds où sévissent les trabendistes et les baggara, imposant à ce qu’il y a de plus honnêtes comme dirigeants de suivre la même voie ou c’est l’asphyxie. En un mot comme en mille, Raouraoua a mis le football algérien hors-la-loi.

Le football algérien et le président de la fédération sont hors-la-loi

Oui, le football algérien est hors-la-loi. Sinon, comment expliquer que les primes de signature qui se chiffrent à des centaines de millions de dinars se font payer en liquide sans que le bénéficiaire ne paye ni impôt ni cotisation sociale. Tout comme le club employeur qui paye un joueur à 2 millions de dinars (200 millions de centimes) ne verse aucun centime au titre des charges patronales.
Autre cas en matière d’actes illégaux en matière de gestion, le règlement des salaires des entraîneurs et joueurs étrangers. Ces derniers sont payés en devises sonnantes et trébuchantes. Les salaires sont versés dans des comptes bancaires à l’étranger. Mais ces entraîneurs sont-ils assurés ? Payent-ils leurs impôts en Algérie ? Dans la plupart des cas, pour ne pas dire dans tous les cas, tout se fait dans l’informel, et je ne pense pas qu’un seul entraîneur étranger paye ses impôts et ses cotisations sociales. Et ce n’est nullement de leur faute. Souvent, eux aussi, ils sont victimes de la filouterie de certains présidents de clubs. Ils sont nombreux à saisir la FIFA pour se faire régulariser. Nouzaret, Bracci et tant d’autres joueurs et entraîneurs ont dû recourir à la plus haute instance dirigeante du football dans le monde.
Un cas m’a interpellé, il n’y a pas longtemps, et personne au sein des pouvoirs publics n’a bougé le petit doigt. Un quotidien sportif rapportait le plus normalement du monde que M. Roger Lemerre, avant de signer au CSC, avait exigé le versement intégral de son salaire qui s’élève à 20 000 euros par mois, soit 480 000 euros. Le président du CSC, pour préserver les intérêts de son club, a jugé utile de ne lui verser que le salaire d’une année. Celui de la deuxième année, il a préféré le placer dans une banque du Luxembourg pour éviter les frais bancaires qu’aurait à payer le club si l’argent avait été placé en France, justifie le journaliste qui rapporte l’information.
Le hic dans cette histoire est que personne ne s’est interrogé à propos de la régularité de l’opération. Quelle est l’origine des fonds à placer au Luxemburg ? Comment seront-ils comptabilisés dans la gestion du club ? Est-ce que Mr. Lemerre a payé ses impôts en Algérie pour les 240 000 euros encaissés au titre de la première année du contrat ? Autant de questions qui semblent échapper complètement aux dirigeants du CSC, qui ne sont pas les seuls à faire dans ce genre de pratiques et pour lesquelles ils ne sont nullement blâmables, tant l’illégal est entré dans les pratiques et les mœurs du football algérien tel que conçu par Mohamed Raouraoua.
Le président de la FAF n’a jamais tenu compte des lois de la République. C’est lui-même qui encourage le trafic de devises dont il est un fervent pratiquant. Dernière action en date à mettre à son actif en la matière, et comme le rapporte le quotidien «El-Bilad» dans son édition d’hier (10 mars 2013), Mr. Raouraoua a rassuré le président de l’Entente de Sétif, Hacène Hammar, qu’il règlera le problème du joueur franco-algérien, Karoui, arrêté en 2011 à l’aéroport Houari Boumediene d’Alger en flagrant délit. Traduit en justice, son passeport lui a été retiré et il doit comparaître prochainement pour délit de fuite de capitaux et trafic de devises. Mr. Raouraoua, en superman qui vole au-dessus des lois de la République, a promis de faire le nécessaire pour que force restera à l’impunité et à l’illégalité. Oui, «l’homme fort» du football algérien est bel et bien au-dessus des lois. Parler de cotisations salariales et sociales ou de charges patronales au président de la FAF, c’est tout simplement du chinois. Sinon, à combien reviendraient les charges des membres du staff des équipes nationales ?

Le passeport français, un critère de compétence ?

La question du paiement des cotisations sociales, des charges patronales et des impôts concerne aussi l’entraîneur national Hallilodzic et les membres du staff technique payés en devises. Car, faut-il dire que la quasi-totalité des membres du staff technique se considèrent comme coopérants, bien que certains d’entre eux sont d’origine algérienne. Dans leur majorité porteurs de passeports français comme si ce dernier était un critère de compétence. D’ailleurs, cette mode du passeport français, qui est passée des joueurs pour se transmettre au staff technique, a fini par toucher même le bureau fédéral. Dans celui qui vient d’être désigné, pas élu, par Raouraoua, on dénombre pas moins de trois membres. Il ne fait pas bon d’être algérien dans les hautes sphères du football algérien. Le président de la FAF n’a-t-il pas déclaré qu’il n’y a pas de compétences en Algérie ? Il oublie que tous les titres remportés jusqu’ici par le football algérien sont l’œuvre d’entraîneurs algériens, que ce soit au niveau des équipes nationales ou des clubs. C’est normal qu’il ignore cette vérité, du moment qu’il ne faisait pas partie du monde du football à cette époque. Les médailles d’or des jeux méditerranéens (1975) et africains (1978) sont l’œuvre de Rachid Mekhloufi, la coupe d’Afrique des nations remportée en 1990 a pour maître d’œuvre Abdelhamid Kermali et ses assistants Fergani, Saâdi et Abdelwahab, la première coupe d’Afrique des clubs champions remportée par le Mouloudia d’Alger l’a été sous la conduite d’Abdelhamid Zouba. Les coupes d’Afrique remportées par la JSK et l’ESS l’ont été avec Mahieddine Khalef et le défunt Mokhtar Arribi.

Raouraoua humilie le peuple algérien et le Président de la République par le salaire de Hallilodzic

Ces entraîneurs qui ont fait la gloire du football algérien ne touchaient pas le 1/10ème du salaire que perçoit, aujourd’hui, le franco-bosniaque Vahid Hallilodzic. Un salaire qui dépasse les 60 000 euros par mois, soit 600 millions de centimes, selon le taux de change officiel ou 1 milliard, selon le taux au marché parallèle. Ce salaire est une véritable insulte aux Algériens, y compris le président de la République. L’homme, pour rappel, travaille à temps partiel. Il ne vient en Algérie qu’à l’approche des matchs. Il est arrivé même qu’on a déplacé les staffs médical et administratif pour un stage en France de 2 joueurs, oui, 2 (deux) joueurs pour lesquels il a été loué un centre d’entraînement. Parce que M. Hallilodzic ne pouvait pas se déplacer en Algérie pour des raisons personnelles. Ces deux joueurs ne jouaient même pas dans leurs clubs respectifs.
Avec 60 000 euros par mois, sans compter les primes, Raouraoua a fait de Hallilodzic l’homme le mieux payé de l’histoire de l’Algérie. Et pour quel résultat ? Une honteuse dernière place à la CAN 2013, avec un pauvre petit point que Raouraoua et certains de ses larbins ont voulu transformer en triomphe.

Hallilodzic, ivre mort avec ses joueurs après le match contre la Côte d’Ivoire

D’ailleurs, personne n’arrive à comprendre la soumission du président de la FAF à son employé, le sélectionneur national qui adopte le même comportement que lui sauf que, cette fois-ci, c’est Raouraoua qui subit l’arrogance et le dédain. Convocation de joueurs manquant de compétition. Des choix tactiques complètement débiles (contre la Tunisie et contre le Togo (CAN 2013) et, surtout, une inexplicable volonté de briser le meilleur joueur algérien à l’étranger, le jeune Ryad Boudebouz, qui a porté son choix sur son pays d’origine à 19 ans alors qu’il était le seul joueur à pouvoir prétendre à une sélection en équipe de France.
Boudebouz est écarté de l’EN depuis belle lurette. Pas seulement depuis la CAN. Car le motif disciplinaire retenu contre lui est ce qu’il y a de plus farfelu. Il lui est reproché d’avoir fumé du narguilé dans sa chambre. Tel est le motif selon certains envoyés spéciaux de la presse nationale sportive. Or, selon ces mêmes journalistes, après le match ayant opposé l’Algérie à la Côte d’Ivoire et qui était le dernier pour les Algériens, Hallilodzic et un bon nombre de ses joueurs se sont rendus dans un casino où l’alcool a coulé à flots. Il était ivre mort comme beaucoup de ses joueurs. Mesbah, le défenseur de Parme, était à terre. Personne n’a rapporté publiquement cette information. C’est normal ! Hadj Raouraoua, qui a manipulé avec main de maître beaucoup de journalistes, sait se montrer généreux et beaucoup d’envoyés spéciaux à la CAN se sont érigés en défenseurs acharnés du Bosniaque. Et personne ne dira que Boudebouz est victime d’une hogra. Cette hogra honnie des Algériens.

Ce n’est pas l’argent du contribuable ? De qui se moque-t-il ?

Pour justifier l’insulte faite aux Algériens, le président Raouraoua prétend qu’il ne puise pas de l’argent du contribuable. Selon sa logique, c’est avec l’argent des sponsors qu’il paye ses entraîneurs, les primes de ses joueurs et autres extravagances comme ces 4 hélicoptères, loués en Suisse à 5 000 euros l’appareil, pour ne les utiliser qu’un quart d’heure. Soit le temps de faire descendre les joueurs de Crans-Montana au village voisin.

Pour que les gens comprennent bien que l’argent des sponsors est bel et bien l’argent des contribuables, il suffit de rappeler que les sponsors déduisent de leurs impôts l’argent qu’ils donnent à l’Equipe nationale. Comme partout dans le monde, une entreprise a le droit de sponsoriser des manifestations de quelque genre que ce soit et parrainer des associations en déduisant les frais des impôts dont elles sont redevables au trésor public. Si Mr. Raouraoua ignore cette autre vérité comme celles des compétences algériennes, cela s’inscrit dans l’ordre des choses, puisqu’il est connu pour ne pas posséder de bagages intellectuels lui permettant de saisir certaines règles économiques des plus élémentaires.
Donc, les salaires des entraîneurs et les dépenses de la FAF proviennent du trésor public de manière indirecte. A lui de prouver le contraire !

2 entraîneurs pour 3 gardiens de but

Le président de la FAF n’a pas pour habitude de rendre des comptes ni de faire des comptes. Il a une manne et il sert qui il veut et comme il veut. A titre d’exemple, les salaires des techniciens de la FAF se distinguent par des disparités criardes. La plus importante est celle qui existe entre Hallilodzic, qui perçoit plus de 60 000 euros en plus d’une prise en charge totale lors de ses passages à Alger où on a mis à sa disposition une villa dont le loyer serait de 1 million de dinars par mois, et son adjoint Noureddine Korichi, qui touche 1 500 euros. Soit le même salaire que celui de l’agronome converti en expert du football alors qu’il n’a jamais tapé dans un ballon.
Autre entraîneur grassement payé, celui de la sélection des juniors, Mr. Nobello, dont l’équipe a perdu tous ses matchs amicaux et de préparation à la coupe d’Afrique de sa catégorie. Il perçoit 20 000 euros. Quant à son adjoint, Bengana, il se contente de l’équivalent de 400 euros touchés en monnaie locale.
Mais ce n’est rien quand on compare le salaire des adjoints et des entraîneurs en chef avec celui du directeur technique national, Mr. Laroum, qui touche à peine 1 000 euros en monnaie locale (on est obligé de compter en euros puisque les salaires sont fixés sur cette base). Et dire que le DTN est le patron de tous les entraîneurs. Cela en théorie. Mais, en pratique, Mr. Laroum n’a aucun droit de regard sur ce que font Nobello et, surtout, Hallilodzic.
Un simple exemple sur le DTN qui n’a pas de droit de regard sur ce qui se passe dans les équipes nationales A et U20. La sélection nationale, version Hallilodzic, est la seule au monde à compter dans son staff technique 2 entraîneurs de gardiens de but. Ce sont Abdennour Kaoua, l’ex-international et célèbre keeper du Mouloudia d’Alger, qui a fait ses preuves en Arabie Saoudite où il a exercé en qualité d’entraîneur de gardiens de but de la sélection nationale saoudienne, et Belhadji, ancien goal remplaçant à l’ASO Chlef. Deux entraîneurs pour 3 gardiens de but dont un évolue à l’étranger. Résultat des courses, 5 buts encaissés en 3 matchs par un gardien qui n’avait pas de club depuis belle lurette mais reste titulaire en Equipe nationale. Alors que Chaouchi a été écarté de l’EN pour une seule bourde, son successeur, qui encaisse régulièrement un minimum de 2 buts par match sous les couleurs d’Ajaccio qui vient de l’engager après la CAN 2013, est inamovible quelles que soient ses performances.

L’énigmatique Si El Bachir, le gargotier de Paris

Le maintien de deux entraîneurs de gardiens de but a ses raisons. Raouraoua ne donne rien pour rien. Sa politique basée sur le relationnel a laissé beaucoup de gens s’interroger sur la présence dans l’entourage de l’EN d’une personne qui répond au prénom de Si El Bachir et qui tient une gargote à Paris. Ce Monsieur est de tous les stages de l’EN et de tous ses déplacements. Il a droit à sa dotation (cabas et équipement complet) comme tous les joueurs. Sa présence est une véritable énigme. A moins que cela relève du simple copinage. Son propre fils qu’il a placé à l’agence Air Algérie, à Nice, comme adjoint du chef d’escale alors qu’il a le niveau de 3ème année moyenne, ne bénéficie pas d’autant de générosité.
Pour conclure, nous tenons à rappeler que les informations contenues dans cette enquête sont connues de beaucoup de journalistes, notamment ceux qui couvrent les activités de la FAF et de l’EN. Il y a ceux qui n’ont pas osé les publier par crainte de représailles et d’autres parce qu’ils ont tout simplement mangé dans la main de hadj Raouraoua. Nous comprenons parfaitement les craintes des uns et la reconnaissance du ventre des autres. Et comme nous ne craignons personne et nous n’avons jamais mangé chez personne, nous nous sommes permis de publier cette enquête en prenant le soin de solliciter le président de la FAF par courrier officiel afin de lui donner l’occasion de confirmer ou d’infirmer les informations publiées. Même s’il a tardé à répondre, nous restons à sa disposition pour la publication de son droit de réponse et, éventuellement, d’un complément d’informations s’il nous parvient d’autres sources.
D’autre part, Mohamed Raouraoua sait mieux que quiconque que nous n’avons jamais entretenu la moindre relation et, par conséquent, il n’y a aucun règlement de compte derrière cette enquête. Une enquête qui sera suivie d’autres concernant d’autres personnages publics.

Erratum
Un lecteur nous a fait remarquer que Mohamed Raouraoua n’était pas placeur au cinéma Dounyazad mais au cinéma El-Djamel de Soustara. Dont acte. Les corrections et autres informations sont les bienvenues en attendant celles du principal concerné.

ce site a été créé sur www.quomodo.com