Législatives algériennes 2017

Législatives algériennes :
Un véritable camouflet pour le pouvoir


Les  élections législatives algériennes du 4 mai ont été marquées notamment par un boycott massif, des incidents et contestations populaires et une fraude généralisée dont les images enregistrées  par des amateurs dans de nombreuses villes du pays et diffuées sur les réseaux sociaux sont des plus édifiantes.

Le boycott massif

Il s’est exprimé à travers un faible taux de participation à travers l’ensemble du territoire algérien et en France où l’on compte une importante communauté.38, 25 %. C’est ce qu’a  annoncé le ministre algérien de l’intérieur Mohamed Bedoui dans une conférence de presse tenue  en fin de matinée à Alger. Bien que ce chiffre soit faible, il est contesté par de nombreux observateurs qui relèvent que le taux annoncé par le ministère de l’intérieur à 14h était de 15,58 %  et à 17h était de 33,50%. L’on s’interroge sur la montée fulgurante en l’espace de 5 heures alors que la désaffection avait gagné fortement l’opinion publique avec la diffusion des images des irrégularités sur les réseaux sociaux. Pour les observateurs  le taux de participation n’aura pas dépassé les 20 %.

Le chiffre de 38,25 % marque un recul par rapport aux législatives de 2012 dont le taux était de 43%.

Incidents

Dans de nombreuses villes notamment Sidi Bel Abbes à l’Ouest, Tébessa à l’Est et en Kabylie où certains bureaux ont été fermés et les urnes saisies par les populations. Des échauffourées entre militants du FLN et d’autres partis ont émaillé le déroulement du scrutin un peu prtout en Algérie et notamment à Ouargla dans le sud du pays.

Fraude et irrégularités

Le meilleur témoignage sur la fraude vient de l’ancien ministre de l’intérieur Abderrahmane Meziane Cherif qui dénonce sur le site d’in formation « TSA »  en ces termes : «  Les opérations électorales pour les législatives devaient se dérouler dans la transparence et la sérénité pour nos compatriotes résidant en France, les 29 et 30 avril, puis le 4 mai 2017. Il n’en a malheureusement rien été et c’est une certitude, dans la circonscription du nord de la France.

En effet, dès le samedi 29 avril, il est apparu clairement que la Consule d’Algérie à Pontoise (Val d’Oise), s’était transformée en agent électoral pour un candidat du FLN qui s’est pratiquement installé dans les lieux, transformant les locaux consulaires, en principe neutres, en PC personnel. Il ne s’agit pas d’une calomnie, dans la mesure où il existe des preuves (vidéo et photos) établissant ces faits de manière rigoureuse. Comment une responsable consulaire peut-elle se mettre de manière aussi ostentatoire, au service d’un candidat ?

D’autres documents, vidéos et photos, prises dans un bureau, à Creil (Oise) montrent une urne où des centaines d’enveloppes soigneusement rangées en piles ont été déposées, alors que dans les autres bureaux, les quelques bulletins qui ont été glissés apparaissent en désordre sur le fond de chaque urne.

À Lille, ce sont les fichiers numériques des cartes nationales d’identité et des passeports de nos concitoyens qui auraient été subtilisés. C’est ainsi que de nombreux résidents algériens ont reçu, à leur adresse personnelle, des prospectus et affichettes, provoquant la colère des destinataires qui assimilent de tels agissements à un harcèlement inopportun, venant surtout du candidat n°34. Les données personnelles de ces citoyens auraient été ainsi divulguées, causant un préjudice certain, non seulement à nos compatriotes émigrés, mais aussi à l’institution consulaire, pour le seul bénéfice d’un candidat. » Ceci pour l’étranger. A l’intérieur du pays le comité de surveillance a été submergé par les plaintes de  formations politiques alliées du pouvoir dénonçant la fraude massive dans de nombreux bureaux de vote. Les plaintes viennent du RND, du PT et du FFS. Ces derniers se présentent comme étant des partis de l’opposition mais l’opinion publique algérienne les classe dans l case des partis du pouvoir pour avoir été de tous les scrutins qui légitiment le pouvoir malgré la fraude massive dont ces deux partis font les frais.

Le recul du FLN

Au plan des résultats, on relève le recul du FLN qui perd 57 siège (soit 25%) par rapport à la législature précédente.  Par contre l’autre parti du pouvoir, le RND a gagné 29 sièges par rapport à l’élection de 2012. Les islamistes (alliance MSP, En-Nahda et TAJ) deviennent la 3ème force du pays avec 67 députés.

Les résultats finaux

FLN : 164 sièges, dont 50 femmes
RND : 97 sièges dont 32 femmes
Alliance MSP – FC : 33 sièges dont 6 femmes
Indépendants : 28 dont six femmes
TAJ : 19 sièges dont 4 femmes
Ennahda : 15 sièges dont 4 femmes
FFS : 14 sièges dont 3 femmes
MPA : 13 sièges dont 3 femmes
PT : 11 sièges dont 3 femmes
RCD : 9 sièges dont 3 femmes
ANR : 8 sièges dont 4 femmes



 

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