Soufiane Djillali

L’Algérie est-elle maudite ?


Par Soufiane Djilali*

            Le retour programmé de Chakib Khellil est entré dans l’ultime phase de sa réalisation. Habitué à faire avaler des couleuvres aux Algériens, Monsieur Bouteflika et ses comparses veulent imposer au pays, à la tête de ses affaires publiques, de ses réserves de change et du peu de richesses encore disponibles comme Sonatrach, un délinquant international potentiel en attente d’être jugé par plusieurs pays bien que blanchi ici par décision politique et par la « justice de nuit ». Ce qui donne une bonne idée sur l’Etat civil que l’on nous promet !

            Apeuré  par la multitude de dossiers de corruption et de scandales qui touchent à de trop nombreux cercles au pouvoir, le régime tente un passage en force pour prendre toutes les garanties d’impunité et se maintenir envers et contre tous aux commandes d’un pays trahi, dépecé par des charognards avides, sans foi ni loi.

            En cela, il est aidé par la lâcheté de trop d’Algériens, pollués qu’ils ont été par la corruption matérielle et morale. A voir des pseudo-religieux embrasser sur le front l’un des symboles vivants de la corruption donne un haut-le-cœur devant tant de cupidité. En portant les oripeaux de la respectabilité islamique, certains sont prêts à impliquer Dieu dans la bassesse humaine. Que Dieu maudisse ceux qui utilisent la religion pour mieux tromper le peuple et profiter de la largesse des maitres.

            Il est évident que Monsieur Chakib Khellil est loin d’être le seul comptable des turpitudes nationales, mais c’est dans une cours de justice publique qu’il aurait dû apporter la preuve de son innocence comme tout Algérien accusé de forfaiture, à tord ou à raison et non pas dans les salons de la République où il est reçu par des officiels et des walis qui ont perdu le sens de la dignité.

            Par ailleurs, même innocent, pourquoi ce monsieur spécialement devrait-il revenir aux affaires ? Il n’y aurait donc nulle part des Algériens capables de gérer des responsabilités à ce niveau ? Sa gestion personnelle de Sonatrach et du ministère de l’énergie, en dehors de toute institution de contrôle, est pour le moins controversée. Comment peut –il être présenté par la propagande officielle comme un sauveur ? Il est le sauveur de qui ? De l’Algérie ou du clan Bouteflika ?

            Après avoir humilié l’Algérie en lui imposant un homme malade qui ne dit mot, voilà que le pouvoir annonce aux Algériens qu’ils devront subir l’ultime affront. Si Monsieur Chakib Khellil venait à être porté aux affaires (en tant que premier ministre ? ou Président de  

la République ?) il fera exploser le peu de cohésion nationale qui reste ainsi que les derniers lambeaux de la morale publique. Cela se fera parce que les Algériens refuseront cet acte immoral. Dans le cas où ils l’accepteraient, il faudra comprendre qu’ils ont déjà trahi leur nation. Nous assistons aux derniers actes de cette tragédie : nous saurons alors si les Algériens sont un peuple ou une simple peuplade. Auquel cas, la descente aux enfers ne fait que commencer !

 

                                                                                  Alger, le 02.04.2016

 

*Président de Jil Jadid.

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