Ali Benouari

Ali Benouari:"Peu de gens comprenaient le danger de la réélection de Bouteflika"

Réagissant à une vidéo publiée sur YouTube dans laquelle Hichem Aboud évoque ce que lui disait Abdelaziz Bouteflika au sujet du gouvernement et du régime Chadli, M. Ali Benouari, ancien ministre du trésor du 21 juin 1991 au 22février 1992) dans le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali, a écrit:

Oui Bouteflika me disait la même chose, à peu près à la même période. Il critiquait sans arrêt le President CHADLI qui, disait-il, n'avait pas le niveau pour diriger et représenter dignement le pays. Maintenant, on sait ce que valent l'un et l'autre.

On sait en particulier que CHADLI n'était pas aussi prétentieux. Il n'a pas non plus ruiné le pays et n'a pas voulu mourir sur le trône.
Ceux qui ont fait partir l'un et imposé l'autre ne sont pas moins responsables du désastre qui s'annonce.
Un désastre dont vraiment peu d'algériens imaginent l'ampleur et les conséquences.
Dans quelques années, ce désastre sera consommé et il sera trop tard pour réagir.
Quand je prévenais nos concitoyens à la veille de la dernière élection présidentielle, des dangers liés à la réélection de Bouteflika, peu de gens comprenaient vraiment. Ils préféraient, aux vérités amères, le confort relatif d'un système dopé par des subventions ruineuses et contreproductives.
Aujourd'hui encore, la majorité des Algériens croient qu'un énième miracle peut encore se produire, qui les sauvera.
Mais ce miracle ne se reproduira pas pour au moins deux raisons: d'une part la population à doublé depuis les années 1980 et les besoins sociaux ont explosé. D'autre part la rente pétrolière et gazière est en amenuisement irréversible, révélant des déficits dont on découvre de plus en plus l'ampleur.
Il faudra travailler dur pendant longtemps, dans des conditions de grande austérité pour nous en sortir car la crise qui commence n'a rien de conjoncturel. Elle est d'ordre structurel.
Mais le peuple a-t-il été préparé à cela? Il est permis d'en douter. D'autant que les forces centrifuges, à l'œuvre depuis longtemps profiteront de l'affaiblissement du pays pour se déchaîner.
Des forces extérieures voudront aussi certainement jeter de l'huile sur le feu.
On réalisera alors à quel point le pays était fragile, derrière une façade faite de slogans, d'autosatisfaction et de propension à donner des leçons aux autres.
Que Dieu nous vienne en aide, sommes-nous tentés de dire. Mais ce Dieu que beaucoup invoquent par intérêt personnel ou politique, il y a peu de chances qu'il nous écoute si nous n'assumons pas nos propres responsabilités.
Il faudra travailler dur, pendant très longtemps, en ne comptant que sur nous mêmes pour avoir quelque chance de nous en sortir. Condition nécessaire mais qui n'est pas réalisable si on n'arrive pas à bâtir, au préalable, un nouveau système qui mobilisera tous les Algériens et leur fera accepter les grands sacrifices qui les attendent.
Il n'y a pas d'autre solution.

Ce Dieu que beaucoup invoquent par intérêt personnel ou politique, il y a peu de chances qu'il nous écoute si nous n'assumons pas nos propres responsabilités.
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