Nezzar

Le général Maïza, le colonel Boukhari, Ali haroun et Ahmed Djebbar entendus pas la justice suisse

Dans le cadre des poursuites judiciaires dont fait l'objet le général à la retraite, ancien ministre de la défense nationale, le général Khaled Nezzar, pour crimes de guerre, Madame le procureur du tribunal de Berne a entendu, le 13 mai dernier, M. Ali Haroun, ancien membre du Haut Comité d'Etat, en qualité de témoin. L'ont suivi quelques jours plus tard le général Maïza, le colonel Belkacem Boukhari, l'ex-procureur du tribunal militaire de Blida et Ahmed Djebbar l'ex-conseiller de feu président Boudiaf et ex-ministre de l'éducation nationale dans les gouvernements de Belaïd Abdessalem et de Réda Malek.

Ali Haroun ne savait quoi dire

Selon des témoins dignes de foi, lors de son audition,  M. Haroun était désemparé et fuyait toutes les questions gênantes en invoquant des troubles de mémoire et disait ignorer certains faits. Agacée, la procureur avait fini par faire remarquer au témoin qu'il était au sommet de l'Etat et ne pouvait ignorer certaines décisions importantes qui ont été prise par le HCE dont il était membre.


La procureur ignorait, certainement, que M. Ali Haroun comme d'autres membres du HCE n'étaient que de simples faire valoir qui se contentaient de donner leur aval à des décisions prises par un cabinet noir qui était le véritable centre de décision.

Nous publierons, prochainement, la liste des personnalités qui seront auditionnées.

Rappelons que le général Khaled Nezzar a été arrêté le  jeudi 20 octobre au matin à Genève où il se trouvait avec l'une de ses filles pour lui acheter une luxueuse résidence pour plus de 4 millions d'Euros. Entendu par le Ministère public de la Confédération (MPC) jusqu’au vendredi 21 octobre à 18h, il a  été remis en liberté sur la base de promesses de se présenter durant la suite de la procédure.

Le Ministère public de la Confédération avait ouvert une instruction, contre le général Nezzar, suite à une dénonciation de TRIAL, l’association suisse contre l’impunité.  L’ancien général a été entendu par un juge bernois à deux reprises.


Corruption, trafic d’influence et torture:
Les nouvelles révélations fracassantes de Hichem Aboud

Pour les lecteurs d’Algérie-Focus, Hichem Aboud livre davantage de détails. Hospitalisations en France, acquisitions immobilières, pratiques de torture, corruption et trafic d’influence, les révélations de Hichem Aboud sont de nature à actionner la justice. Mais… Entretien.


Propos recueillis par Abdou Semmar


Algérie Focus: Vous venez de relancer sur Internet votre quotidien “Mon Journal” qui avait été interdit de parution. Pourquoi avoir attendu jusqu’à aujourd’hui et quelles sont les motivations qui vous ont poussées à relancer votre projet ?


Hichem Aboud: Pourquoi avoir attendu jusqu’à aujourd’hui ? C’est tout simplement parce que j’avais d’autres choses à faire et d’autres projets à réaliser. Et franchement, je n’avais plus envie de donner jour à un média électronique qui ne me rapporte absolument rien. Plutôt, il me prend de mon temps, même s’il ne me prend pas de mon argent. D’ailleurs, je n’en ai pas. Mais devant l’insistance de nombreux lecteurs qui me sollicitent via facebook ou qui m’interpellent dans la rue, j’ai fini par relancer Mon Journal-Jaridati sur la toile depuis le 2 juillet.


Vous avez révélé qu’Ali Haroun,  le général Maïza, le colonel Belkacem Boukhari, l’ex-procureur du tribunal militaire de Blida et Ahmed Djebbar ont été entendus par la justice suisse  dans le cadre des poursuites judiciaires dont fait l’objet le général à la retraite, ancien ministre de la Défense nationale, le général Khaled Nezzar. Que signifient réellement ces auditions ? Les militaires et dirigeants algériens sont-ils donc disposés à collaborer avec la justice internationale ?


Ces personnalités politiques et militaires, comme beaucoup d’autres qui vont suivre, ont été entendues en qualité de témoins comme je l’ai souligné dans l’article. Ce sont des témoins cités par le général Nezzar. Ils sont presque une centaine. C’est une astuce des autorités algériennes pour faire durer l’instruction. Cette affaire a été déclenchée en octobre 2011. Cinq ans plus tard, elle est encore à l’instruction. En tout et pour tout, il y a à peine une vingtaine de témoins qui ont été entendus, que ce soit du côté de l’accusé ou de celui des plaignants. De peur de voir d’autres militaires entraînés dans cette affaire par le général Nezzar, les autorités algériennes ont accédé à son désir de faire défiler le maximum de témoins à décharge pour faire durer l’instruction le plus longtemps possible. C’est la ligne de défense de Nezzar pour échapper à un procès pour crimes de guerre. Ces crimes portent sur la torture subie par des Algériens durant les années 90, les enlèvements, les disparitions forcées et l’ouverture des camps du sud. Le général Nezzar en sa qualité de ministre de la défense assumait l’entière responsabilité de ces faits. L’échappatoire pour lui c’est faire durer l’instruction. Agé de 78 ans et rongé par la maladie, il y a fort à parier qu’il risque de mourir sans que l’instruction ne soit terminée. Et même s’il tient encore cinq  ou six ans, on invoquera, alors, son état de vieillesse et sa maladie pour lui éviter le procès et la condamnation.


Je suis pleinement convaincu que ce procès ne se tiendra jamais. Cela arrange les autorités suisses qui ne voudraient pas se mettre à dos un régime honni par tout le monde. J’ai eu à le vérifier en 2004, quand j’avais poursuivi le général Nezzar devant la justice française pour diffamation. J’ai tout fait pour éviter de donner à l’affaire un caractère politique pour parvenir à le traduire devant un tribunal.


A l’époque, Nezzar avait publié un livre dans lequel il écrivait  que « la famille de Hichem Aboud avait quitté Oum-El-Bouaghi au lendemain de l’indépendance pour avoir collaboré avec les forces coloniales durant l’occupation française ». Vous vous rendez compte ! Ces accusations gratuites et non fondées sont prononcées par un ancien sous officier de l’armée coloniale qui a tété le biberon de l’armée française depuis l’âge de 12 ans, en s’engageant dans les enfants de troupe et qui a servi dans les rangs de l’armée coloniale jusqu’à 1958, c’est-à-dire durant les quatre premières années de la guerre de libération, il était de l’autre côté de la barrière. Pis encore, et comme il le raconte dans ses mémoires, quand il est invité par ses cousins durant une de ses permissions passée au bled, ceux-ci lui demandaient de rejoindre le maquis, alors que son père lui conseillait de regagner rapidement la France et de ne plus entendre parler de maquis. Ce conseil émanait d’un papa sergent retraité de l’armée française qui n’a jamais rejoint l’ALN. Et comme la quasi-totalité des DAF, Nezzar a « déserté » juste après avoir bénéficié de la promotion Lacoste, comme il le dit lui-même dans ses mémoires. Ayant fait l’école Saint-Maixent des sous-officiers, il sort avec le grade sergent. Mais, il est vite promu en avril 1957 au grade d’aspirant. Moins d’une année plus tard, soit en mars 1958, il est promu au grade de sous-lieutenant. Quelque temps plus tard, il déserte. Allez croire maintenant que cette désertion a été motivée par des sentiments patriotiques !


J’ai été débouté par la justice française qui m’avait sorti un texte datant de juillet 1862 relatif à l’extinction des poursuites. Car, il a été invoqué que le juge d’instruction avait oublié de convoquer l’accusé dans les 3 mois qui ont suivi la dernière audition. Par la suite, le juge m’avait convoqué et je lui avais affirmé que j’étais disposé à retirer ma plainte, si l’accusait parvenait à trouver un seul membre de ma famille qui a porté l’uniforme de l’armée coloniale de 1832 à nos jours, que ce soit dans le cadre du service militaire ou dans les guerres mondiales ou d’Indochine. Par contre le général Nezzar, selon ses propres aveux exprimés dans ses mémoires, lui et son père étaient dans l’armée coloniale. Donc, Nezzar avait échappé à un procès pour extinction de poursuites parce que le juge d’instruction l’avait convoqué au-delà des délais impartis. Une aberration que la justice française n’a jamais connue. Voulant faire appel, un avocat français m’avait conseillé d’éviter de perdre mon argent dans une affaire ficelée d’avance. « On ne ramènera jamais un ancien nabab du régime algérien devant la justice parce qu’on ne veut pas avoir  à faire avec ces gens là », me dit-il


Le général Nezzar, à chaque fois qu’il parle, il tend le bâton pour se faire battre. Ses mémoires m’ont été d’un grand apport pour faire son portrait dans mon livre « La Mafia des Généraux » et apporter des preuves irréfutables que sa désertion de l’armée française s’inscrivait dans une stratégie dont nous connaissons, aujourd’hui, les résultats. J’espère que ses enfants, qui utilisent des scribouillards inconnus dans le monde de la presse sur un site à l’appellation évocatrice du complexe de patriotisme dont ils souffrent, vont tourner la langue sept fois dans leur bouche avant de me qualifier d’agent des services français. Remarque, la dernière fois, ils se sont limités à écrire « agent » sans dire pour quel service agit cet agent. Mais, ils peuvent écrire ce qu’ils veulent. Il y a un vieux dicton qui dit, permettez-moi l’expression: « Il n’y a pas plus loquace qu’une pute pour parler de l’honneur ». Aujourd’hui, l’opinion publique algérienne sait très bien qui est le traître et qui ne l’est pas. Pour conclure, je rappelle que chaque fois qu’il fait l’objet d’une plainte et qu’il est auditionné, Nezzar sort en premier sa qualité d’ancien militaire français. Que ce soit dans les locaux du commissariat de police de Paris en 2001, ou à Genève devant le procureur fédéral.


Et pourquoi, d’après vous, un tel procès ou de telles poursuites judiciaires ne sont pas encore possibles en Algérie ?


Pensez-vous sincèrement qu’il y aune justice indépendante en Algérie ? Si elle l’était, elle se serait auto-saisie de la scandaleuse affaire de l’acquisition des biens immobiliers par Abdelmalek Sellal, Cherif Rahmani, Abdeslam Bouchouareb et Amar Saidani, révélée tout récemment par le livre « Paris-Alger, une histoire passionnelle ». Elle aurait convoqué les Sidi saïd, Soltani, Medelci et consorts dans l’affaire Khalifa. Elle n’aurait pas ignoré le premier responsable du secteur dans la scandaleuse affaire de l’autoroute Est-Ouest. Et j’en passe.


Par contre, cette justice est prompte à pondre en moins de vingt-quatre heures un communiqué du procurer général pour accuser Hichem Aboud «  d’atteinte à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale et au bon fonctionnement des institutions » Rien que ça ! Le procureur a agi sur une simple correspondance d’un officier de police qui lui a rapporté qu’il m’avait vu faire une déclaration sur France 24. Voilà où peut mener une simple intervention d’un journaliste sur une chaîne de télévision.


Alors, poursuivre Nezzar et ses acolytes devant la justice algérienne ? Jamais. Je vous donne un exemple tout simple. L’écrivain Anouar Malek avait déposé plainte contre l’Etat algérien  pour crimes contre l’humanité parce qu’il a été torturé de la manière la plus abjecte. Les séquelles de ses tortures ont été reconnues par une expertise médicale pratiquée par des médecins suisses. Pour préserver l’image de l’Algérie, il avait renoncé dans un premier temps à sa plainte devant le Comité des Droits de l’Homme  (CDH) de l’ONU et avait saisi la justice algérienne en limitant sa plainte contre Abou Jerra Soltani ex-ministre de la pêche qu’il accusait d’avoir été derrière son arrestation et avoir assisté à une séance de torture. Le juge algérien a rejeté la plainte. Et de nouveau, Anouar Malek s’est tourné vers le CDH qui a fini par condamner l’Algérie. Malheureusement, les gouvernants algériens ne se soucient guère de l’image de l’Algérie. Ils ont fait de l’Algérie un Etat voyou puisqu’elle vient d’être condamnée à quatre reprises durant les six derniers mois par la CDH de l’ONU.


Vous avez révélé également que le Ministre Abdelkader Khomri se soigne en France comme tous les nababs. Qui paie, d’après vous, les frais d’hospitalisation de ces dirigeants ? Est-ce l’argent du contribuable algérien ?


 D’où vient l’argent pour payer les soins des nababs du pouvoir, à votre avis ? Tout récemment, le DG de la CNAS, Slimane Melouka, qui était  l’invité du forum d’El Moudjahid avait déclaré « Nous avons déjà payé plus de 40 millions d’euros durant les 4 dernières années ». Donc, c’est l’argent du contribuable algérien. Et si au moins ça s’arrêtait là. Les grosses pontes du régime bénéficient, en plus des frais médicaux, de frais de séjour qui dépassent parfois tout entendement. A titre d’exemple, feu le président Benbella séjournait à l’hôtel Le Meurice dont la journée coûte pas moins de 2500 euros par jour en pension complète. Yazid Zerhouni, l’ancien ministre de l’Intérieur, est allé, en 2005, se faire greffer un rein. Il avait bénéficié durant son séjour d’un appartement loué pour 4.000 euros et un pécule mensuel de 8.000 euros. Les documents et les témoins existent. Le général Nezzar s’était fait opéré du cerveau aux Etats-Unis au milieu des années 90. Il avait bénéficié d’une résidence luxueuse avec piscine en Tchéquie pendant sa convalescence. Demandez au commandant Mohamed Samraoui qui était son accompagnateur pour en savoir plus.


Et en parlant de Abdelkader Khomri qui se soigne en France, depuis deux mois et demi, sachez que son épouse est médecin. Elle est bonne pour soigner les Algériens pas son mari et les dignitaires du régime qui vont en Europe pour le moindre bobo.


Est-ce vrai que, comme vous le racontez, la nouvelle ministre des TIC et de la PosteHouda-Imane Faraoun, a bénéficié, grâce à Saïd Bouteflika, d’une résidence d’Etat du Club des Pins bien avant qu’elle n’intègre l’équipe gouvernementale ? Quels sont les dessous de ce privilège dont avait bénéficié madame Imane-Faraoun ? 


Il faut demander à Saïd Bouteflika quels sont les dessous de ces privilèges et comment cette jeune dame a investi la scène politique pour se retrouver dans l’exécutif. Cette bonne dame n’a jamais activé dans la politique et elle ne s’est jamais distingué ni du côté du pouvoir ni du côté de l’opposition. Ne me parlez surtout pas de compétences, car c’est le dernier souci des dirigeants algériens. Si on reconnaissait les compétences dans notre pays on n’aurait pas mis à la retraite des officiers diplômés des plus grandes universités et des plus grandes écoles de guerre dans le monde pour garder une Gaïd Salah sans diplôme et sans compétence aucune. Tout ce qui le distingue des autres, c’est qu’il fait entrer l’Algérie dans le Guinness, puisque c’est dans l’armée algérienne qu’on trouve le plus vieux soldat du monde (84 ans).



Le général Khaled Nezzar
et Mme Leïla Aslaoui
entendus par le juge fédéral à Berne

Aujourd'hui et jusqu'à demain Nezzar est auditionné par le ministère public de la confédération. Cette procédure vise à déterminer si il est donné suite, par la justice suisse, aux accusations de crimes de guerre mettant en cause Nezzar.
Il s'agit non seulement d'un événement historique qui peut changer le sort des criminels algériens et de leur milliers de victimes mais également d'un cas d'école.
En effet alors que seul Nezzar est accusé, en tant que personne, et qu'il n'est plus membre du gouvernement algérien, c'est l'état algérien qui lui vient en aide et en soutien avec la présence du consul général d'Algérie à Genève qui lui sert de chauffeur.
Preuve en est, si besoin se faisait encore sentir, que l'état algérien actuel, le système présent est le même , dans ses fondements et son identité, que celui de 1992. Seule la forme, l'emballage change.!

Il est à signaler qu'hier, mercredi &- novembre, c'est Mmme Leila Aslaoui, l'ex-ministre de la jeunesse et des sports de la décennie sanglante, qui a été entendu par le procureur fédéral en qualité de témoin en faveur du général Nezzar.

Mon journal 17/11/2016

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