Matoub Lounes

ARRÊTONS D'INSULTER LE COMBAT DU REBELLE


 


ON NE PEUT PAS DANSER

ON NE VEUT PAS DANSER

ON NE DOIT PAS DANSER

NON ET NON ET ENCORE NON!!!

 

Matoub le 25 Juin 1998, le 20 Avril 1980 et le 14 Juin 2001 sont des dates et des moments historiques gravés dans les esprits de tous les Imazighens jaloux de leur langue, de leur histoire, de leur culture, et de leur combat.

Contribution écrite par : Rachid Hamal


Ces dates ont pris, depuis un certain temps, des allures folkloriques, festives, dansantes et chantantes, ce qui constitue une offense grave à la mémoire des symboles de tous les Imazighens et tourne le dos aux significations originelles qui sont: des moments de recueillement et de mémoire pour évoquer les répressions, les assassinats politiques, les souffrances et les sacrifices de plusieurs générations de militants, des plus anciennes avec les "berbéro-nationalistes" de 1949 aux plus récentes avec les victimes du massacre du printemps noir de 2001.

Il est urgent de renouer avec la signification authentique des piliers de notre liberté, celle de la dénonciation et de la condamnation de la répression, de l'autoritarisme, de l'hégémonisme perpétué par la dictature, au pouvoir depuis 1962.

Ces dates, écrites par le sang de nos enfants, que tous les Imazighens chérissent ont éveillé la conscience collective du peuple algérien quant à son identité Amazigh et son droit à une existence descente, dans un pays pluriel.

Pour toutes les générations futures, n’en déplaise à certains, ces dates resteront des moments historiques de contestation ayant remis en cause l'idéologie de domination pan-arabiste.

Amis, frères et camarades Imazighens, l’heure est très grave pour le mouvement Amazigh et pour nous tous !

Le pouvoir a miné le champ politique et médiatique "en sponsorisant et propulsant des faux-opposants, des pseudo-démocrates et des extrémistes séparatistes et divisionnistes de tous bords... d'ou les blocages et les crises qui perdurent.

Ce pouvoir aux mains pleines de sang et de cruauté ose parler de réformes et de démocratie. Comment peut-on comprendre ces larbins qui l'applaudissent ou ceux qui le servent dans cette Algérie paupérisée? Comment appeler tout ce monde amnésique qui fait la fête pour les officiels qui ont assassinés nos frères de sang ? C'est tout simplement une bande de traîtres qui s'est rangé du coté du pouvoir sanguinaire et mafieux. Ces Imazighens de service ont choisi ce pouvoir au lieu de le combattre. Pis encore, ils ont choisi de combattre leurs propres frères pour des privilèges éphémères et des sachets-poubelles d'argent sale.

Il est vraiment désolant qu’on soit arrivé au stade ou on assiste, immobile-bras croisés, à des tentatives de récupération et de contrôle de la mémoire de Matoub et des dates historiques du combat Amazigh. On ne doit pas laisser nos ennemis et les ennemis de l'Algérie, quels que soient leurs relais, faire de Lounès et de ces dates historiques des symboles vides. On ne doit pas laisser ces laquais du pouvoir et ces séparatistes-divisionnistes détourner notre combat et récupérer notre histoire qui a été gravée dans nos mémoires par le sang des Imazighens.


Fidélité et engagement, est de mire, pour le combat des hommes, comme Matoub, et des femmes qui ont marqué en profondeur l'histoire des luttes pour la reconnaissance identitaire Amazighe et le combat démocratique en Algérie. Matoub l’a si bien dit : luttons, tous ensemble, pour "une Algérie meilleure et pour une démocratie majeure."

Lounès, lui, a choisi sa voie et ses engagements pour une Algérie unie et indivisible, pour la liberté, la laïcité et la démocratie. Il aspirait à une société algérienne et Amazighe affranchie de toute forme d’oppression qu'elle soit religieuse, politique, culturelle ou sociale.

Sachons garder à notre combat pour une Algérie Amazigh ce caractère fédérateur pour amplifier la lame de fond qui traverse les pays Amazighs d'Afrique du nord pour faire face aux dénis identitaires persistants de ses pouvoirs bonapartistes et sanguinaires.

L'histoire de ces dernières années en a fait un grand moment de commémoration, de manifestations et de rassemblements des Amazighs aussi bien en Algérie que dans le monde Amazigh d'Afrique du Nord, en général. C'est le lieu privilégié d'expression de notre refus et de notre combat, sans relâche, des politiques de déculturation, de la falsification de notre identité et de l'histoire ainsi que le ras le bol de nos conditions sociales lamentables. On se lève de plus en plus nombreux, malgré la manipulation et la répression, pour réclamer la place légitime qui nous revient de droit et l’aspiration à une vie décente.

Pour cela, ce recueillement, à la mémoire du lion de l’Algérie, cette année doit être dédié à nos frères de combat les Amazighs du Maroc. Ils subissent une répression féroce, ils sont assiégés par un pouvoir bonapartiste qui les a endeuillés. Ils ont besoin de notre solidarité active pour les épauler et leur dire qu'ils ne sont pas seuls. Ils ont besoin de nous entendre crier leur douleur et exprimer haut et fort notre adhésion à leur combat, qui est aussi le nôtre. On doit saluer, tous ceux et celles qui ont donné leur vie, de par le monde, pour que nous soyons fiers d'être Amazighs.

On appelle l'ensemble des militants de la cause Amazigh, indépendamment de leur sensibilité politique, à se mobiliser en cette journée marquante de notre identité et à déjouer les tentatives de récupération de ceux qui ont été les fossoyeurs de l'Amazighité. Tout en restant très vigilants face aux habituelles manipulations du pouvoir et ses laquais, notamment en ces temps de crise, sachons montrer notre alliance pour défendre ces référents historiques qui nous rassemblent tous les 20 avril, les 25 Juin et les 14 Juin: la lutte pour l'Amazighité et les libertés. Nous devons chérir ces piliers de notre identité. Ils ne sont pas négociables ni/ou vendables.

Tamazight notre langue maternelle, notre culture, notre patrimoine sont toujours bannies par les différentes dictatures militaires dans le monde Amazigh. Leurs officialisation et institutionnalisation énoncées récemment ne sont que de la poudre aux yeux et une énième manœuvre de diversion, une tromperie, une duperie de plus, que nous devons déjouer et rejeter, en même temps que les pouvoirs qui les a produites.

Réhabiliter Tamazight, c'est le faire dans toutes ses dimensions culturelles, linguistiques, civilisationnelle et identitaire. C'est dans cette perspective que s'inscrit notre combat millénaire.

Il faut aussi qu’on se détrompe et qu’on sache que, les revendications culturelles et la reconnaissance de la langue ne vont pas satisfaire les aspirations du peuple Amazigh, car l'enfermement de la culture dans un cadre institutionnel ne pallie pas aux inégalités, à la justice sociale, au chômage, à la crise du logement, à la démocratie réelle et à la corruption de ces pouvoirs.

LE NÉCESSAIRE RETOUR AUX FONDAMENTAUX

En tant qu’Amazighs, nous possédons une histoire très riche et profonde. Connaitre notre Histoire, l'assumer pleinement en s'identifiant, nous permettra de comprendre notre présent et gérer notre avenir. La méconnaissance de notre histoire a fait que le peuple Amazigh s'est véritablement identifié à tout sauf à lui-même. Kateb Yacine disait: "Nous sommes un peuple qui a pris le train en marche, nous ne savons pas d'ou nous venons ni ou nous allons, nous sommes des égarés." 

L’un des piliers de notre histoire et du combat Amazigh, Matoub, est mort pour ceux qui œuvrent dans le sens d'assouvir leurs plans démoniaques d'acquisitions financières et aspirations électoralistes. Il est mort pour ceux qui chantent et dansent le jour de son assassinat, comme s'ils tirent une certaine satisfaction suite à sa disparition physique.

MATOUB N'EST PAS MORT et le sera jusqu'a l'éternité pour ceux qui ont vraiment connu son combat et le genre de personne qu'il était. Il est toujours vivant pour ceux qui veulent déclarer cette date du 25 Juin comme une journée de deuil en Algérie, une journée de combat pour la démocratie et les libertés d'expression, une journée dédiée aux gens qui ont payés de leur sang pour qu'on soit libres, non pas de danser, mais de continuer le combat de ces rebelles et de ces révoltés contre le pouvoir sanguinaire en place.

Je suis certains, comme des millions d'Amazighs dans le monde, que l'homme libre qu'il était, et qu’il doit demeurer dans les mémoires, n'aurait jamais accepté qu'on organise des festivités à sa mémoire sous les auspices de ce pouvoir qui a fait, des mains et des pieds, pour détruire et dénaturer tout ce pour quoi le rebelle Matoub a lutté et qu'il a payé de sa chère vie.

Il est de notre ultime devoir de nous battre dans le respect du souvenir de Lounès et de ses engagements.

Luttons tous ensemble pour :

-        20 AVRIL + 14 JUIN: JOURNEES ANTI-RESPRESSION.

-        25 JUIN: JOURNEE DE DEUIL ET DE RECEUILLEMNT.

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