Algérie et violations des droits de l'homme

Les libertés et les droits de l’homme malmenés en Algérie

Des militants oubliés dans les prisons, des citoyens jugés et condamnés pour délit d’opinion…

Les atteintes aux droits de l’homme se multiplient et se banalisent. Le tout dans un contexte de restriction des libertés démocratiques. Une chape de plomb s’abat sur tous ceux qui se risquent à franchir les imaginaires lignes rouges fixées arbitrairement.

Dans la vallée du M’zab, théâtre de violences cycliques, 25 personnes et militants pacifistes, dont l’ancien président du bureau régional de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), Kamel-Eddine Fekhar, croupissent en prison depuis plus d’une année sans jugement. Ils ont été arrêtés le 9 juillet 2015 et accusés de lourdes charges allant de l’«incitation à la violence» jusqu’à l’«atteinte à la sûreté de l’Etat».

En tout, 18 charges pèsent sur eux et rendent l’instruction longue, prolongeant ainsi leur détention provisoire indéfiniment. Il faut rappeler qu’à la veille de leur arrestation, ils étaient désignés par des responsables du gouvernement comme étant des «fauteurs de troubles à Ghardaïa». Connus pour leur engagement politique et citoyen depuis des années dans la vallée de M’zab, les détenus subissent le calvaire carcéral entre les prisons de Ghardaïa et d’El Ménéa, en attente d’un procès qui tarde à être fixé. Mais depuis, les arrestations n’ont pas arrêté. D’autres personnes ont également été placées en détention provisoire.

Ce sont 100 personnes qui ont été arrêtées suite aux événements qu’a connus la région, au début de l’année 2015, selon les chiffres fournis par la LADDH. Des défenseurs des droits de l’homme n’hésitent pas à parler «d’arrestations qui ciblent essentiellement des militants politiques pour sanctionner une région devenue un îlot de contestation dans le Sud».

Et au moment où les organisations des droits de l’homme revendiquaient la tenue d’un procès équitable, l’un des avocats des détenus a été placé, lui aussi, sous contrôle judiciaire. Très actif sur le dossier des détenus de Ghardaïa, maître Salah Debouz est accusé d’avoir «introduit des objets interdits en prison», d’«atteinte aux corps constitués» et de «diffamation».

Depuis le 13 juillet dernier, il est contraint de se présenter chaque semaine au commissariat de Ghardaïa. Dans la même région, et depuis plus d’une année aussi, deux cadres du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) sont sous mandat de dépôt. Il s’agit de l’ex-président de l’APC de Berriane, Nacereddine Hadjadj, et de Noureddine Kerrouchi. Le premier est secrétaire national du parti chargé de l’environnement et le second était tête de liste du parti aux élections législatives de 2012.

Pour le porte-parole du RCD, Atmane Mazouz, ces détentions sont synonymes d’«atteintes aux libertés qui prennent des allures inquiétantes ces derniers temps. Qu’il s’agisse de militants politiques ou de simples citoyens, la machine judiciaire est souvent instrumentalisée et n’obéit toujours pas aux lois en vigueur». Le responsable du RCD dénonce «une cabale contre les militants et un traitement en violation des dispositions de la Constitution» et décrit une situation «très dangereuse alors que la justice est soumise».

Parmi les signes de cette dégradation des droits de l’homme, il y a la condamnation à cinq ans de prison ferme, dimanche passé, de Slimane Bouhafs, à Beni Ourtilane (Sétif) pour «atteinte aux préceptes de l’islam et propos indécents à l’égard du Prophète». De l’avis de nombreux juristes, c’est «la liberté de conscience qui est jugée». Bouhafs est connu pour avoir opté pour la religion chrétienne depuis longtemps, ce qu’il assume publiquement.

Délit de liberté de conscience

L’affaire Bouhafs vient rappeler toute la difficulté d’épouser une autre religion que celle de l’Etat, alors que la Constitution garantit la liberté de conscience. Depuis quelques années, de nombreux citoyens sont poursuivis sous le prétexte fallacieux de «prosélytisme». C’est la croix et la bannière.

Depuis la scandaleuse arrestation de Habiba K. à Tiaret, en 2008, qui avait défrayé la chronique à l’époque poursuivie pour «pratique non autorisée d’un culte non musulman», de nombreux citoyens sont persécutés et poursuivis devant les tribunaux. La condamnation de M. Bouhafs vient s’ajouter à celle de Rachid Fodil de M’sila, condamné également pour «offense au Prophète et atteinte aux préceptes de l’islam».

La liste des atteintes aux libertés d’opinion n’est pas clause, comme le confirme la condamnation de la militante Zoulikha Belarbi à 100 000 DA d’amende par le tribunal de Tlemcen pour un banale photomontage publié  sur un réseau social.
Dans le sud du pays, des citoyens qui manifestent pour leurs droits au travail subissent régulièrement un harcèlement policier et judiciaire, pendant qu’en Kabylie, des militants pour l’autonomie de la région sont interpellés ou convoqués dans les locaux de la police. Dans la plupart des cas, la répression prend le pas sur la négociation.

Le pouvoir politique semble avoir définitivement opté pour le bâton. Une croissance dans les atteintes aux droits les plus élémentaires qui illustre la dégradation inquiétante de la situation des libertés individuelles et des droits de l’homme. Cette dernière risque de s’aggraver encore avec le verrouillage du champ politique à travers notamment la promulgation de textes de lois liberticides.

In El Watan du 10/08/2016

Hacen Ouali



Vos commentaires

Imaghrassen Mohend a dit il y a 34 jours
Est ce que les militaires ont t'il le droit de s’engager dans la politique?

Rassemblements devant les ambassades d'Algérie en Europe

Appel à un rassemblement

à l’occasion de la journée mondiale des droits de l’Homme 

 

Le 10 décembre sera le 68ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée par les Nations Unies et ratifiée par l'Algérie en 1963.

Malheureusement, la situation en Algérie renvoie une image ternie par les violations successives des Droits de l'Homme perpétrées par les autorités algériennes. Cela est confirmé par le nombre de violations continues des droits de l’Homme par les autorités Algériennes, par l'absence de solutions aux questions des disparitions forcées et des prisonniers politiques, par l’examen très long de certains cas par une justice aux ordres et la non-application des décisions rendues renforce incontestablement ce constat.

 

Nous assistons actuellement à l’emprisonnement d’opposants politiques, de militants associatifs, de journalistes et de bloggeurs, avec ou sans procès, au vu et au su de tout le monde. La justice partiale Algérienne est aux ordres du pouvoir politique imposé au peuple.

 Les autorités vont jusqu’à interdire la création des associations, des partis politiques et des syndicats indépendants. Les rassemblements, les manifestations pacifiques ainsi que l’accès et l’ouverture du champ audiovisuel sont prohibées pour tout opposant au régime illégitime en place.

 

Des dizaines pour ne pas dire des centaines de citoyens algériens sont contraints à l’exil et se trouve interdits de séjour dans leur propre pays. Leur crime est d’avoir osé franchir les lignes rouges imposées à l’opposition et dénoncé l’arbitraire et l’injustice.

 

Des milliers d’autres sont interdits de documents de voyage et se trouvent, du coup, frappés d’interdiction de quitter le territoire algérien. Cette interdiction est est une violation de l’article 44 de la constitution algérienne qui énonce clairement « « Tout citoyen jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de choisir librement le lieu de sa résidence et de circuler sur le territoire national.
Le droit d'entrée et de sortie du territoire national lui est garantie »
et de l’article 13 de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, qui énonce au sujet de la liberté de circulation des personnes.

Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. 
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »


Ne reste au simple citoyen, victime de ce musellement que les réseaux sociaux pour exprimer son opinion, sa vision des choses, son ras le bol... Mais là encore, les décideurs mènent un combat sans merci contre les penseurs libres, les militants associatifs, les journalistes et les opposants politiques sur ces mêmes réseaux sociaux ainsi que dans le monde réel par les convocations au commissariat, les détentions en prison, les intimidation et en les trainants devant une justice partiale et acquise aupouvoir politique imposé au peuple. Les preuves d’inculpation sont cousues de fil blanc.

 

Les militants des Communautés Algériennes établies en Grande Bretagne, en France et en Suisse ont décidé de sortir le samedi 10 décembre 2016pour dénoncer les incessantes violations des droits de l’Homme en Algérie par les autorités algériennes et exprimer leur soutien indéfectible aux compatriotes victimes de ces agissements.

Ils demandent dans l’immédiat le respect strict des amendements ratifi
és en 1963.

 Annulation immédiate des décisions pseudo-juridiques et réouverture du dossier des disparus jusqu’à ce que la lumière soit faite sur ce douloureux dossier

Ils demandent également l’indépendant de la justice qui garantira à l’avenir l’application des lois, le respect de la constitution, la séparation des institutions et des pouvoirs législatifs des pouvoirs   exécutifset des pouvoirs juridiques ainsi la transparence des élections pour que le pouvoir revienne, enfin, au peuple.

Tous les citoyens algériens ainsi que tous les défendeurs des droits de l’homme sont conviées à ces manifestations qui se tiendront à :

 

·       En Grande Bretagne,  à MARBLE ARCH à Londres (3 Riding House St Marylebone London W1W 7DR) à 12H30. La marche démarrera à 13H30 vers le siège de l’ambassade de l’Algérie.

 

·       En France, le rassemblement se fera à 14H, au 50 Rue de Lisbonne 75008 Paris, en face de l’ambassade de l’Algérie.

 

·       En Suisse, le rassemblement se fera à 14H, au Palais des Nations 1211Genève.

 

 

Soyez présents, l’Algérie compte sur vous.

 


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