Attentat du Louvre à Paris

Ce terroriste venu de Dubaï

Ce terroriste venu de Dubaï

 

Généralement, on a tendance à croire que les terroristes se recrutent parmi les désespérés dans les milieux défavorisés. A voir le profil des auteurs des attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan à Paris ou celui du 14 juillet de Nice, ou encore ceux de Bruxelles, ce sont tous des paumés issus du milieu de l’immigration et qui ont eu du mal à s’intégrer dans la société d’accueil bien que certains d’entre eux soient français et belges de naissance.

Par Hichem ABOUD

L'auteur de l'attaque à la machette contre un soldat français au Carrousel du Louvre à Paris le vendredi 3 février, a un tout autre profil. L’homme ne réside pas en France. Il ne semble pas avoir partagé les mêmes conditions de vie de ses autres compères terroristes. Et il a procédé d’une toute autre manière.

 

Bien qu’il refuse jusqu’ici de parler aux enquêteurs après son réveil à l’hôpital où il se trouve en garde à vue après avoir été grièvement blessé c’est son téléphone portable qui livre les premiers éléments sur cet attentat avorté. Il s'agirait d'un Égyptien qui ne figure pas au Fichier automatisé des empreintes digitales des services de sécurité français

Ces premiers éléments d’information croisés avec la base de données biométrique des demandeurs des visas donne le nom de Abdallah El Hammamhy, un égyptien de 29 ans, inconnu jusqu'alors des services de police et de renseignement français.

Une recherche sur les réseaux sociaux a permis d'affiner ce profil : il serait cadre commercial à Dubaï et son activité sur Twitter vendredi matin semble annoncer ses intentions : « pas de compromis, pas de retour possible, il n'y a pas de paix dans la guerre », écrivait-il quelques heures seulement avant l'attaque.

Un touriste comme tant d’autres

Le 30 novembre 2016, ce résident des Emirats arabes unis dépose une demande de visa touristique à l'ambassade de France à Dubaï. Elle est autorisée le 8 novembre 2016, pour un séjour d'un mois, allant du 20 janvier 2017 au 20 février 2017.

Il arrive le 26 janvier 2017 à l'aéroport Charles-de-Gaulle de Roissy, en provenance de Dubaï. Son retour est prévu le 5 février.

Il s'installe dans un appartement du très chic 8e arrondissement de Paris, proche de la célèbre avenue des Champs Elysées, qu'il loue 1.700 euros pour un séjour d'une semaine.

Le 27 janvier, il loue un véhicule, dont il dispose jusqu'au 5 février. Ce véhicule a été retrouvé dans le 8e arrondissement il y a quelques instants après l’attaque.

Le 28 janvier, il achète deux machettes dans une armurerie, "Armes Bastille", dans le quartier de la Bastille, dans le 11e arrondissement, pour 680 euros, payés en liquide.

La perquisition dans son logement a permis aux enquêteurs de retrouver 965 euros en liquide, deux étuis de machettes et leur facture, un pull "correspondant à celui porté par l'individu à l'armurerie selon les caméras de vidéo-surveillance", un iPad, plusieurs cartes prépayées, une batterie de téléphone, des vêtements pour une semaine, un passeport des Emirats arabes unis avec des visas pour l'Arabie saoudite et la Turquie, un permis et une carte bancaire des Émirats arabes unis.

L'enquête doit encore permettre de déterminer le parcours et les motivations de l'assaillant, et de savoir si l'homme a agi seul ou sur des instructions. "

Aucune marque d’allégeance à un groupe djihadiste n’a été retrouvée dans ses affaires lors de la perquisition dans l’appartement et sur son téléphone portable. Toutefois, des tweets postés en arabe, quelques minutes avant l’attaque, sur un compte au nom de Abdallah El-Hamahmy révèlent son soutien au groupe djihadiste Etat islamique (EI) plus connu sous le vocable de DAESH.

Les services de renseignements français et plus particulièrement les services du contre-espionnage vont solliciter sûrement la collaboration de leurs homologues égyptiens et émiratis pour mieux avancer dans leur enquête.


Mon journal 0-/02/2017 09h50

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