L'Europe endeuillée

DAESH et "ses" énigmatiques terroristes


14 juillet, les Français sont en liesse. C’est la fête nationale. On célèbre un double événement. Celui du 14 juillet 1789, date de la prise de la Bastille, jour symbolique entraînant la fin de la monarchie absolue, et celui du 14 juillet 1790, jour d'union nationale lors de la Fête de la fédération.


                                                 Par Hichem ABOUD



 A l’instar des autres villes du pays, Nice, la coquette ville méditerranéenne organise un immense rassemblement sur la célèbre «  Promenade des Anglais » face à la grande bleue, pour un énorme feu d’artifices. Dans cette ville touristique on y compte plus de touristes que de Français venus assister au spectacle pyrotechnique. Soudain, un camion frigorifique fonce sur la foule tuant 84 personnes et blessant 303 autres.


Comment faire de la pub pour DAESH


L’attentat a tout des ingrédients de l’acte terroriste. Un minimum de moyens et beaucoup de dégâts. Choix d’une date symbolique. Utilisation d’une arme à feu par le tueur pour empêcher toute intervention au moment où il fonçait sur la foule. Et pour bien ficeler la thèse terroriste aux couleurs islamiste, l’auteur est un arabe et par extension musulman.


Nul besoin pour des observateurs alarmistes pour crier à l’acte terroriste islamiste et l’attribuer à DAESH bien avant qu’il ne le revendique. Evidemment,  cette organisation terroriste n’a aucune raison de ne pas revendiquer pareil attentat spectaculaire qui a ébranlé le monde. Elle met, tout au moins, près de 48 heures pour diffuser un communiqué de revendication. Une revendication dont le moins qu’on puisse dire était assez prudente en faisant croire que l’auteur était un soldat de Dieu.


Or, les investigations policières qui ont tout passé au crible (audition des membres de la famille et des proches du tueur qui a été abattu sur le champ, analyse de son téléphone portable et de son ordinateur) ont fini par donner une piste toute autre. Il s’agit d’un déséquilibré mental qui était sous traitement médical et qui vivait une situation familiale des plus compliquée. L’homme est, aussi, connu pour son caractère violent puisqu’il a déjà écopé d’une condamnation pour violence.


L’enquête des services de sécurité français a été on ne peut plus claire. L’auteur du carnage de Nice n’avait rien du musulman pratiquant. Il ne faisait pas la prière. N’observait pas le jeûne du Ramadhan. Bien au contraire. Il mangeait du porc, buvait de l’alcool et fréquentait les lieux de débauche. Un profil qui ne peut en aucun cas intéresser les recruteurs de l’organisation terroriste de l’Etat Islamique dit DAESH.


Selon l’enquête de police, avant de passer à l’acte, le terroriste- et il en est un même s’il n’appartient à aucune organisation- a visité sur son ordinateur plusieurs sites Internet  qui évoquent des fusillades et attentats qui ont défrayé la chronique dans le monde portant diverses signatures. Allant des actes revendiqués par DAESH jusqu’à ceux exécutés par des névrosés comme ceux qui ont eu pour théâtre de paisibles  villes américaines. Il a mené de bout en bout la préparation de son action en solo même s’il avait sollicité quelques relations pour se procurer l’arme de poing.


La nébuleuse DAESH


Toutes ces données ne semblent pas avoir suffi à certains analystes que nous qualifions d’alarmistes pour ne pas voir l’ombre de DAESH dans l’agression de Nice. Comme s’ils voulaient vaille que vaille gonfler cette organisation terroriste qui est en perte de vitesse dans son propre fief, en Syrie et en Irak. On les voit se bousculer sur les plateaux des chaînes de télévision françaises pour faire de la pub gratuite à cette organisation monstrueuse allant jusqu’à évoquer « une radicalisation rapide » du forcené pour justifier l’attribution de l’agression à une organisation qui ne demande pas tant.


Si l’on croit ces analystes qui se présentent comme experts du terrorisme alors qu’ils n’ont jamais approché de près ni une organisation terroriste ni un repenti ayant appartenu à un mouvement de ce genre, là où un pétard explose DAESH est dan les parages. Inconsciemment, ils servent de relais médiatiques pour ce qu’ils présentent eux-mêmes comme ennemi public de l’humanité.

Contrairement aux fusillades de Paris et aux explosions de Bruxelles où les attaques ont été pensées, planifiées et exécutées par un groupe homogène, le carnage de Nice a été l’œuvre d’un homme qui n’a bénéficié d’aucune complicité prouvée par les investigations policières. Ce qui est certain c’est qu’il était sous traitement médical pour troubles psychiatriques. Faire de lui un « soldat de Dieu » comme le qualifie le communiqué de DAESH c’est tout simplement ajouter de l’eau au moulin d’une organisation qui ne rejette aucune action sanglante susceptible de lui donner cette puissance qu’elle ne possède pas en réalité.


Même l’allégeance faite par les deux terroristes à peine sortie de l’adolescence qui se sont ignominieusement attaqués à une église de Saint-Étienne-du-Rouvray égorgeant un prêtre de 86 ans, est loin de nous convaincre que l’organisation terroriste serait derrière cet acte abominable. Elle a beau revendiquer le crime et l’auteur a beau  se prendre en photo avec le drapeau de DAESH, il ne nous vient pas à l’esprit que cette organisation possède cette puissance qui fait d’elle une pieuvre à mille têtes présente partout dans le monde.


Les résultats des investigations policières laissent planer le doute sur l’appartenance des deux terroristes à DAESH si ce n’est qu’ils voulaient donner une couverture politico-religieuse à leur action pour que dans le cas où ils seraient arrêtés ils donneraient l’impression d’avoir pour protecteur cet ogre qui semble terrifier le monde entier.


Pourtant, ces terroristes en herbe ne connaissent rien de l’islam ni de la conduite du prophète Mahomet qui dit « Celui qui fait du mal à un juif ou à un chrétien trouvera en moi son adversaire le jour du jugement » (rapporté par Muslim).


L’Allemagne nouvelle cible de DAESH ?


Au moment où l’étau se resserre autour de DAESH en Libye, Syrie et Irak, l’organisation terroriste trouve en Europe un terrain privilégié pour faire entendre parler d’elle et continuer de terroriser, ne serait-ce que médiatiquement.


Ses réseaux dans le vieux continent ne sont pas à négliger. Et sa capacité de nuisance ne doit pas être ignorée. Seulement, il n’est nullement dans l’intérêt des démocraties occidentales de sombrer dans la psychose et la paranoïa.

Comme pour ce qui s’était passé à Nice, de nombreux profanes en matière de terrorisme sont vite allés en besogne pour faire de l’attaque menée par  Un jeune Germano-Iranien de 18 ans qui a ouvert le feu dans un restaurant Mcdonald's d'un centre commercial de Munich, faisant neuf morts et 35 blessés, dont 11 graves, avant de se suicider d'une balle dans la tête, le 22 juillet, à Munich, en Bavière

L’enquête de la police a mené à la piste du «forcené» sans lien avec le djihadisme. Les enquêteurs ont retrouvé au domicile du jeune homme des livres et des coupures de journaux qui montrent qu'il était «fasciné» par les auteurs de tuerie de masse, tel qu'Anders Behring Breivik, coupable du massacre de 77 personnes cinq ans auparavant en Norvège. Le jeune meurtrier avait fait un séjour en hôpital psychiatrique quelques mois avant de passer à l’acte.

 

Comment mettre des paumés au service de DAESH

 

Libre à l’organiste terroriste de l’Etat Islamique de revendiquer de si spectaculaires tueries. Elle ne saurait venir à bout d’une logique qui ne saurait admettre qu’une organisation placée en tête de liste des ennemis de l’humanité puisse avoir des agents recruteurs se balader à travers le monde pour recruter des « soldats de Dieu », planifier et exécuter des opérations aussi spectaculaires que celle de Nice ou de Munich.

Ce que nous relevons des dernières opérations terroristes c’est qu’un grand nombre de paumés, de désespérés, de marginalisés et de déséquilibrés mentaux constituent un véritable vivier pour l’exécution d’actes terroristes qui viennent enrichir le sinistre palmarès de l’organiste terroriste de l’Etat Islamique qui n’a rien investi pour cueillir une propagande que lui offrent ses propres ennemis.

Il est temps de se ressaisir et de placer les choses dans leur véritable contexte tout en veillant à ne plus faire de la publicité gratuite à celui que nous classons comme ennemi numéro 1 de l’humanité entière.

 

 

 In Diario 16 du mois d'août 2016

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