Bourihane

Le faux banquier algérien avait acheté
3,5 M€ de biens immobiliers à Cannes et Paris

Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère du Budget, a alerté le parquet de Grasse après avoir constaté des mouvements de fonds suspects sur les comptes du businessman, également titulaire d'un passeport américain.

Le système est simple mais illégal : un collecteur joue le rôle d'intermédiaire entre Micki, exportateur de dinars, et des Algériens ou des sociétés travaillant en France souhaitant rapatrier leur argent en Algérie. Il prend au passage une commission.

Marché noir du change

Le service national de la douane judiciaire chargé de l'enquête découvre que 2 millions d'euros sur différents comptes français de Micki ont été abondés par des chèques de particuliers ou des sociétés. « Lors d'un contrôle, l'épouse de Micki a sur elle 45 chèques pour un montant de 42 300 euros », relève Marc Joando, le président du tribunal correctionnel de Grasse qui juge l'homme d'affaires.

Pour le procureur Julien Pronier, c'est clair, Micki s'est rendu coupable du délit « d'exercice illégal de la profession de banquier. »

« Ce marché noir du change a un impact sur la politique monétaire d'un État et favorise le blanchiment même si cet aspect a été peu travaillé dans ce dossier », regrette l'accusation qui requiert 25 000 euros d'amende. Sachant que la peine maximale encoure est de 3 ans de prison et 375 000 euros d'amende.

Pour Me Farouk Miloudi, l'avocat de la défense, « dans cette opération triangulaire le vrai-faux banquier est l'intermédiaire, pas mon client. Une opération de change n'est pas condamnable par elle-même sauf si elle cache une opération de blanchiment. »

Or pour Me Miloudi et Me David Antoine, il n'y a pas de discordance entre les revenus algériens de Micki Bourihane et ses investissements en France.

Le client, absent de son procès à cause d'une opération chirurgicale, a été condamné hier soir par le tribunal correctionnel à 100 000 euros d'amende.

in nice-matin du 23/09/2016

ce site a été créé sur www.quomodo.com