US Chaouia

L'US Chaouia paie les frais de la fierté de ses hommes

Les révélations graves du président de l’US Chaouia, Abdelmadjid Yahi, sur les interférences politiques dans le monde footballistique en Algérie ne sont certes pas inédites, mais renseignent davantage sur la mainmise des décideurs sur le secteur. Pour avoir osé porter son choix sur un autre candidat que Abdelaziz Bouteflika lors de l’élection présidentielle de 2014, en l’occurrence Ali Benflis, Yahi, selon ses propres termes, subit les règlements de comptes de ceux qui ne lui ont jamais pardonné ce choix.
Quelques années auparavant, un autre président, Saïd Allik, avait fait les frais de la même cabale pour avoir lui aussi apporté son soutien à Benflis. “C’est clair, on veut nous faire payer notre choix que nous assumons, c’est pour cette raison précisément que l’USC n’a droit à aucune aide des autorités locales, c’est pour cette raison qu’ils ont tout fait pour nous empêcher d’aller en Ligue 1, et pis encore de nous maintenir en Ligue 2, mais ce n’est pas pour autant que nous abdiquerons”, martèle Yahi. D’ailleurs, certains présidents de club ont vite compris que pour se maintenir à leurs postes, ou carrément accéder à la présidence du club, il faut une allégeance directe au pouvoir politique en place. L’exemple du revenant Omar Ghrib au MCA est à ce titre éloquent. Le gars a passé ses mois de disette à caresser dans le sens du poil les responsables en place, sur une chaîne de télévision carrément dédiée au système, avant de se voir coopter à la tête du MCA. Ghrib est même passé par la case humiliation publique pour se faire pardonner les errements de la finale de la coupe d’Algérie en 2013, avec cette scène surréaliste avec Sellal lors de la dernière finale de la coupe d’Algérie. Le dealer d’hier, condamné par la justice algérienne à une peine avec sursis et objet d’un rapport accablant des services financiers de Sonatrach après son passage de 2011 à 2013 au MCA, est blanchi sur l’autel des calculs politiques. Dans le même registre d’obédience politique et afin d’amener les autorités du pays à fournir à la JSK un sponsor de taille en ces temps de crise financière, le président de la JS Kabylie, Mohand Cherif Hannachi, s’est senti obligé de rappeler dans la presse que “Abdelaziz Bouteflika est toujours le président d’honneur de la JSK”. En attendant que les décideurs exaucent son vœu, ces derniers usent de toute leur influence, dans une région hostile, à sauver sa tête à la JSK. À ce jeu-là forcément, la démarche donne des idées à d’autres dirigeants nouvellement arrivés sur la scène. Pour tenter un rapprochement avec la sphère dirigeante, le président du NAHD, Ould Zmirli, a voulu frapper un grand coup lors de la finale de la coupe d’Algérie. Il a inscrit en bonne place sur les maillots de ses joueurs, la phrase “touche pas à mon président”. Il attend toujours le retour d’ascenseur, mais il peut d’ores et déjà être sûr qu’il ne sera pas inquiété de sitôt dans son leadership au NAHD. L’USMA, champion d’Algérie, n’est pas en reste, la proximité de son président Ali Haddad avec le pouvoir en place lui facilite bien la vie et lui offre une aisance financière pas du tout fortuite. À une échelle moindre, des présidents de club se fendent de mots gentils et forcément hypocrites à l’endroit des responsables locaux. “Pour espérer avoir une subvention, vaut mieux être dans les bonnes grâces du wali”, ironise un président de club. Un dirigeant de l’USMBA a poussé du reste le culot en direct à la télé, jusqu'à dire qu’il faut “se prosterner devant le wali, avec tout ce qu’il donne à l’USMBA”. Choquant ! Avec plus de retenue, le président du CRB, Ali Malek, rappelle à ce titre que “nous appartenons tous à la même Algérie et que par conséquent je souhaite que tous les clubs soient aidés de la même façon”, car dit-il, “il n’est pas normal que des clubs soient affiliés par décision politique à des sociétés nationales et d’autres soient laissés en rade, c’est injuste”. Peut-être qu’aux yeux des décideurs, il faudra qu’il montre patte blanche. Forcément. Fatalement !

SAMIR LAMARI in LIBERTE du 10/05/2016

Vos commentaires

Nasro Taikh a dit il y a 34 jours
Ce que nous reprochons à Mr Yahi c'est qu'il se savait menacé par le clan au Pouvoir pour avoir soutenu Benflis et insulté Bouteflika en direct sur tv, pourquoi leur a-t-il donné l'occasion en négociant mal le...

Ainsi, fonctionne "leblota" chez nous

C'est clair comme de l'eau de roche. L'USChaouia a été le dindon de la farce.Les explications-justifications données par une certaine presse démontrent si besoin est l'aspect immonde des trafics en tout genre à l'approche de la clôture de chaque saison footballistique. Le phénomène ne date pas d'aujourd'hui et ce n'est pas l'affaire USChaouia qui sera l'arbre qui a toujours caché la forêt. Dans cette sordide machination qui a eu lieu à Ain-Frakroun l'arbitre, ses supérieurs dans les instances du football portent une très grande responsabilité dans le déroulement des événements. Pour noyer le poisson dans l'eau certains mettent en avant "l'effet boomerang" en direction du président chaoui qui aurait été lui même à la base de pratiques condamnables pour avoir "traficoter" certains résultats favorables à son club. Ce raisonnement ne tient pas la route et ne pourra jamais servir de justificatif à quoi que ce soit ou à qui que ce soit.
Cette saison a été caractérisée par des scandales trés vite étoufés : match CRVillageMoussa contre USMAnnaba (T'liba est passé par là), OMédéa-ABousaada et dernièrement Usmannaba-UsBiskra (sous réserve que T'liba ne soit pas encore passé par là pour discréditer les biskris)....
Au milieu des années 1970 UNE RENCONTRE DE FOOT s'est terminé par mort d'homme à Ain-Beida lors du fameux USMAin-Beida-ESGuelma (4 morts tués par les tirs des policiers). La volonté "algéroise" des décideurs de la FAF pour plaire au président du Conseil de la Révolution avaient fait accéder en Nationale 1 le club phare de la ville de Guelma, cette bourgade si chère à l'occupant du Palais d'El Mouradia . En désignant un arbitre suicidaire,  le bien nommé Abdelkader Aouissi (arbitre international) la FAF optant pour l'accession de Guelma a agit à sa guise sous la houlette de son commandant de l'ANP-président de la FAF Mr Abdennour BEKKA. Malgré les buts valablement marqués par les locaux....aucun n'a été validé par l'arbitre central aidé en cela par son juge de ligne......originaire de Guelma. Parfaite application de "LA3AB H'MIDA WA RACHAME H'MIDA. Plus grave encore ces deux cocos ont été promus la saison suivante : l'un comme responsable de l'arbitrage, l'autre comme arbitre fédéral.
Ainsi a toujours fonctionné leblota chez nous.  Tant que les combinards de tout poil, de tout acabit dirigent le foot algérien.
Un lecteur

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